Le manque devient une information de première classe : mesuré, daté, affiché, et accompagné de la marche à suivre pour le combler (ADR 0006). Mesure - rapport:manques : couverture des 5 vues pédagogiques dans les fonds publics, présence du kréyòl sur Wikidata, observations GBIF par île, manques internes du dataset → docs/manques.md. - Le kréyòl est absent des communs : Wikidata enregistre 124 noms vernaculaires pour ces 13 espèces (zh, en, pt, sl) et aucun en kréyòl ; 0 étiquette gcf sur 13 items. - L'écorce est la vue manquante : 3 trous sur 65, tous des écorces — mansiniyé 0 fichier, aki 0, kénèt 1. - Pl@ntNet publie en CC BY-SA là où iNaturalist est à ~93 % CC BY-NC : meilleur canal de contribution à effort égal. Correction d'une mesure fausse avant publication - Le premier rapport annonçait 28 vues manquantes sur 65. Le groupement OR de la recherche Commons ne se comporte pas comme attendu : « section » seul remonte 17 fichiers là où « (section OR sliced OR cut OR coupe) » en remonte 0. Un mot, une requête, avec gestion du débit — le chiffre réel est 3 sur 65. Publier les 28 aurait envoyé des bénévoles photographier ce qui existait déjà. Documents - docs/contribuer.md : six gestes, du nom kréyòl sur Wikidata (5 min) à l'enregistrement d'une voix, avec le tableau de choix de licence et la consigne de sécurité pour photographier le mancenillier. - docs/adr/0006-projet-participatif.md : aucun dépôt interne, aucune requête tierce au runtime, la porte de validation reste inchangée. - docs/courriers/appel-liberation-tramil.md : brouillon d'appel public, à n'envisager qu'après la demande privée. Publication au porteur. Co-Authored-By: Claude Opus 5 <noreply@anthropic.com>
13 KiB
Contribuer — enrichir la connaissance, pas seulement le jeu
Ce projet a deux objets. Le premier est d'apprendre aux enfants à reconnaître les fruits de leurs îles. Le second est de réparer un trou dans les communs numériques : ces espèces sont mal documentées, et leurs noms kréyòl le sont encore moins.
Ces deux objets se servent l'un l'autre. Chaque photo versée à Wikimedia Commons, chaque nom kréyòl inscrit sur Wikidata sert à ce jeu et à tous ceux qui viendront après — enseignants, chercheurs, autres jeux, moteurs de recherche, assistants.
L'inventaire des manques, mesuré et daté, est dans manques.md. Il est
régénéré par npm run rapport:manques.
Note sur le jeu lui-même. Le jeu ne contacte aucun service tiers pendant qu'on y joue : c'est une règle du projet. Contribuer se fait donc en dehors du jeu, sur les plateformes ci-dessous. Le jeu affichera les manques et pointera vers elles par des liens ordinaires — il ne collectera jamais rien.
Ce qui manque vraiment — mesuré le 2026-07-27
Trois constats, du plus surprenant au plus prévisible.
1. Le kréyòl est absent des communs numériques
Sur les 13 espèces du projet, Wikidata enregistre 124 noms vernaculaires — 33 pour le fruit à pain, 22 pour la pomme d'eau, 12 pour la goyave, en chinois, en anglais, en portugais, en slovène. Aucun en kréyòl. Zéro sur 13.
Ce n'est pas une petite lacune de catalogue. Cela veut dire qu'aujourd'hui, un moteur de recherche, un assistant ou un chercheur qui interroge les données ouvertes du monde ne trouvera nulle part que ce fruit s'appelle kowosòl.
2. L'écorce est la vue qui manque partout
Sur les cinq vues pédagogiques et les 13 espèces, trois trous subsistent dans les fonds libres — et les trois sont des écorces :
| espèce | fichiers « écorce » trouvables sur Commons |
|---|---|
| mansiniyé — mancenillier | 0 |
| aki — akée | 0 |
| kénèt — quenette | 1 |
Trois autres sont tout juste au-dessus du seuil : kowosòl, zikak et lorié-jòn, avec 3 fichiers chacune.
C'est cohérent avec la pratique : on photographie un fruit, rarement un tronc. Or l'écorce est l'un des quatre indices que le mode Kaché enseigne, et c'est souvent le plus fiable sur le terrain — un fruit n'est visible que quelques mois par an, un tronc toute l'année.
3. Le mancenillier est le plus mal servi, alors qu'il est le plus important
L'arbre le plus dangereux du littoral antillais compte 56 fichiers sur Commons, contre 1076 pour la goyave. Ses trois premiers résultats de recherche sont des gravures de 1780, 1816 et 1821. Aucune photographie moderne en tête de pile, aucune écorce.
Six gestes, du plus rapide au plus engageant
A. Inscrire un nom kréyòl sur Wikidata — 5 minutes, aucun matériel
Le geste le plus rentable du projet. Il ne demande ni appareil photo ni déplacement, et son effet dure.
- Créer un compte sur wikidata.org (facultatif mais recommandé).
- Ouvrir l'élément de l'espèce — les liens sont dans
manques.md, par exemple Q1709343 pour le corossol. - Ajouter le nom kréyòl à deux endroits :
- l'étiquette en langue
gcf(kréyòl gwadloupéyen) ; - la propriété P1843 « nom vernaculaire du taxon », valeur
kowosòl, languegcf.
- l'étiquette en langue
- Enregistrer avec un commentaire du type « nom vernaculaire kréyòl gwadloupéyen ».
Important : n'inscrire que des noms dont on est sûr, dans la norme gwadloupéyenne, et de
préférence après relecture. Les incertitudes du projet sont listées dans
kreyol-a-relire.md — inscrire une graphie douteuse sur Wikidata la
propage partout.
Si le code de langue gcf n'apparaît pas dans l'interface, le signaler dans une issue du
projet plutôt que de rabattre sur un autre code : le kréyòl haïtien (ht) est une autre
langue, et l'y mettre serait une erreur, pas un pis-aller.
B. Rendre trouvable une photo qui existe déjà — 10 minutes
La recherche Commons porte sur le texte des pages de fichier, pas sur le contenu des images. Une photo d'écorce de corossol dont la description dit seulement « Annona muricata » est, en pratique, introuvable pour qui cherche une écorce.
Une partie des trous mesurés dans manques.md sont donc des trous de
description, pas de photographie. Les combler ne demande qu'un navigateur :
- Parcourir les fichiers de l'espèce (lien « tous les fichiers » dans
manques.md). - Repérer une photo dont le sujet réel — écorce, feuille, coupe, port de l'arbre — n'est pas dit dans la description.
- Compléter la description en français et en anglais : « écorce / bark », « feuille / leaf », « fruit coupé / cut fruit ».
- Ajouter la donnée structurée « représente » (depicts) et la catégorie de l'espèce.
Aucun droit d'auteur en jeu : on décrit, on ne modifie pas l'image.
C. Photographier ce qui manque — la contribution la plus utile
Priorité absolue : les écorces, et en premier celles du mancenillier, de l'akée et de la quenette.
Ce qu'une photo utile montre. Un cadre net, une lumière du jour, un seul sujet :
| vue | ce qu'il faut voir | erreur fréquente |
|---|---|---|
| écorce | une portion de tronc de près, à hauteur de poitrine, texture lisible | photographier l'arbre entier |
| feuille | une feuille isolée à plat, dessus et dessous, avec la nervure | une masse de feuillage |
| coupe | le fruit coupé net, graines et chair visibles | un fruit croqué |
| fruit entier | le fruit sur l'arbre, avec une échelle si possible | un fruit sur une assiette, hors contexte |
| port | l'arbre entier, silhouette dégagée | un arbre pris dans un fourré |
Sécurité — à lire avant de photographier les cinq plantes du module « Pa touché ».
Le mancenillier ne se touche pas, ne s'approche pas sous la pluie, et son bois ne se brûle pas. Il se photographie au téléobjectif, à distance, par temps sec. Les arbres sont signalés par une bande de peinture rouge sur le littoral martiniquais et guadeloupéen : cela lève tout doute d'identification et permet de garder ses distances. Aucune photo ne vaut une brûlure.
Ensuite, verser sur Wikimedia Commons :
- Assistant de versement — uniquement ses propres photos.
- Licence : CC BY-SA 4.0 ou CC0. Voir le tableau des licences plus bas.
- Décrire en français et en anglais, en nommant la vue.
- Catégorie :
Category:<Nom scientifique>, par exempleCategory:Hippomane mancinella. - Ajouter la géolocalisation si elle n'expose pas un lieu privé.
D. Observer sur iNaturalist ou Pl@ntNet — et bien choisir sa licence
Ces deux plateformes documentent la répartition et la saisonnalité, deux choses qui manquent au projet (le mode Sézon n'est aujourd'hui sourcé par rien). Elles alimentent GBIF, donc les données ouvertes mondiales.
Le point de licence, qui change tout. Mesuré sur le zikak en Guadeloupe :
| plateforme | licence des images observée | conséquence pour le projet |
|---|---|---|
| iNaturalist | ~93 % CC BY-NC | utilisable, mais consomme l'engagement non commercial |
| Pl@ntNet | CC BY-SA dans notre échantillon (jeu GBIF sous CC BY 4.0) | pleinement réutilisable |
Deux conseils qui découlent de cette mesure :
- Sur iNaturalist, changez votre licence par défaut. Dans les paramètres du compte, la licence des photos est réglable une fois pour toutes. Passer de CC BY-NC à CC BY ou CC0 rend toutes vos observations pleinement réutilisables, sans effort supplémentaire. C'est probablement le réglage le plus utile que puisse faire un naturaliste amateur.
- Pl@ntNet sert aussi à vérifier avant de publier. Photographier une feuille et laisser l'application proposer une identification est un bon garde-fou — à condition de la traiter comme un avis, pas comme une preuve. Une identification automatique reste une hypothèse.
E. Enregistrer une voix kréyòl
Chaque nom doit être entendu, pas seulement lu : les enfants visés lisent mal le kréyòl écrit, dont l'orthographe leur est peu familière. Aucune synthèse vocale n'est utilisée dans ce projet.
La liste de ce qui manque : audio-a-enregistrer.md — 13 noms à
ce jour, soit la totalité.
Un téléphone dans une pièce calme suffit. Une voix locale vaut mieux qu'un studio. Le locuteur est crédité nominativement, conserve ses droits, et doit donner une autorisation écrite avant embarquement.
Une après-midi d'enregistrement vaut dix heures de développement.
F. Écrire sur Wikipédia
L'article français d'une espèce mentionne rarement son nom kréyòl, ses usages locaux ou sa saison aux Antilles. Ajouter un paragraphe sourcé est une contribution durable.
À noter : il n'existe pas de Wikipédia en kréyòl gwadloupéyen. Un projet est en
incubation sur Wikimedia Incubator — y
contribuer participe à le faire naître. Attention à ne pas le confondre avec la Wikipédia en
créole haïtien (ht.wikipedia.org), qui est une autre langue.
Choisir la bonne licence
C'est le choix qui détermine si votre travail sera réutilisable. Il n'existe pas de « libre de droit ».
| licence | ce qu'elle permet | recommandation |
|---|---|---|
| CC0 | tout, sans condition | ✅ idéale pour ce projet |
| CC BY 4.0 | tout, avec attribution | ✅ excellente |
| CC BY-SA 4.0 | tout, avec attribution + partage à l'identique | ✅ recommandée, celle du projet |
| CC BY-NC | usage non commercial seulement | ⚠️ acceptée, mais engage définitivement le projet |
| tous droits réservés | rien sans autorisation écrite | ⛔ inutilisable |
Pourquoi éviter le NC quand on peut. La clause non commerciale interdit aussi des usages que personne ne veut interdire : une école privée, une association qui vend un livret à prix coûtant, un éditeur de manuels scolaires. Elle empêche par ailleurs de mélanger l'image à une œuvre en partage à l'identique — d'où l'interdiction absolue de compositing dans ce projet (ADR 0001).
Si votre photo peut être en CC BY-SA plutôt qu'en CC BY-NC, elle servira à beaucoup plus de monde, pour exactement le même effort.
Comment une contribution revient dans le jeu
vous photographiez, décrivez, ou nommez
↓
Commons · Wikidata · iNaturalist · Pl@ntNet
↓
npm run ingest:commons (récupère métadonnées et licences)
npm run rapport:manques (recalcule ce qui manque encore)
↓
relecture humaine : vue assignée, valide → true, validateur nommé
↓
npm run validate:data (la porte : refuse tout média non validé)
↓
dans le jeu
Aucun automate ne peut valider un média à votre place. Un script ne sait pas si une photo montre bien un zikak — la recherche Commons remonte d'ailleurs, pour la quenette, une photo de singe capucin en train d'en manger. La validation est un geste humain, nominatif, et le fichier de données enregistre qui l'a posé.
L'appel à la libération des données TRAMIL
TRAMIL est un programme de recherche sur la médecine traditionnelle caribéenne, hébergé par le SCD de l'Université des Antilles à Schœlcher. Sa TRAMILothèque — photographies, planches d'herbier, coupes microscopiques — est la meilleure ressource iconographique existante pour la flore antillaise.
Elle est aujourd'hui inutilisable. Constaté le 2026-07-27 :
- le pied de page de
tramil.netindique « © Copyright 2017 TRAMIL all rights reserved » ; - le lien « Legal notice » du site renvoie une erreur 404 — les conditions d'usage ne sont donc même pas consultables.
Un fonds financé par la recherche publique, sur un patrimoine collectif caribéen, sans licence lisible : le résultat est qu'il ne circule pas.
Ce projet ne prend aucun fichier TRAMIL et n'en prendra pas sans autorisation écrite. Il porte en revanche une demande, à deux niveaux :
- la démarche individuelle —
courriers/tramil.md, une demande d'autorisation classique pour un usage précis ; - l'appel public —
courriers/appel-liberation-tramil.md, qui demande l'adoption d'une licence libre sur le fonds. À cosigner et à publier, si le porteur le juge opportun.
Le second n'est pas une attaque contre TRAMIL : c'est une demande adressée à une institution dont le travail mérite d'être diffusé, et qu'une licence absente empêche de diffuser.
Signaler sans contribuer
Voir une erreur est déjà une contribution. Une photo qui ne montre pas la bonne espèce, un nom kréyòl mal orthographié, une saison fausse, un indice botanique douteux : ouvrir une issue suffit.
Le projet préfère un signalement approximatif à une erreur qui reste. C'est particulièrement vrai du module « Pa touché » : sur les plantes dangereuses, un doute exprimé vaut mieux qu'une politesse.