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<meta name="description" content="Groupe d'Organisation Nationale de la Guadeloupe">
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<title>GONG - Groupe d'Organisation Nationale de la Guadeloupe</title>
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<h1 class="title is-1">GONG</h1>
<p class="subtitle has-text-weight-bold">Groupe d'Organisation Nationale de la <strong>Guadeloupe</strong></p>
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<p class="subtitle is-uppercase mb-6"><q><i>La rƩsistance Ơ l'oppression est un droit naturel</i></q> L. DELGRES</p>
<h1 class="title is-3"><a class="js-modal-trigger charte-modal" data-target="modal-charte">LA CHARTE DU GONG</a></h1>
<h2 class="title is-5"><a class="js-modal-trigger orientation-modal" data-target="modal-orientation">ORIENTATION ET STRATEGIE DE LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE DU PEUPLE GUADELOUPEEN</a></h2>
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<header class="modal-card-head">
<p class="modal-card-title has-text-centered">LA CHARTE DU GONG <br> Juin 1963</p>
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<section class="modal-card-body has-text-justified">
<p>
Ces dernieĢ€res années écoulées ont vu l'effondrement quasi général du systeĢ€me colonial dans le monde.
Avec l'accession de l'Algérie aĢ€ l'indépendance, apreĢ€s la libération des pays de l'Afrique Noire,
l'empire colonial français s'est presque évanoui.
</p>
<p>
Tout près de la Guadeloupe, le renversement de la dictature sanglante de Batista par le glorieux peuple cubain,
la transformation de Cuba en un état libre et socialiste, l'accession des Antilles sous domination britannique
aĢ€ l'autonomie et aĢ€ l'indépendance a ouvert la voie au mouvement de décolonisation au sein meĢ‚me de la Caraïbe.
</p>
<p>
Les ex-colonies, fortes de leur dignité et de leur souveraineté retrouvées, sont entrées avec enthousiasme
dans la voie de leur développement économique et social, bénéficiant de l’aide des autres états plus développés ou des organismes internationaux.
Ces nouveaux États jouent sur le plan international un roĢ‚le dont l'importance n'échappe aĢ€ personne.
</p>
<p>
Cependant, la Guadeloupe, ainsi que les quatre autres Ā«départements d'Outre-merĀ», continue aĢ€ subir le joug colonial français.
</p>
<p>
Les adaptations successives apportées aĢ€ la politique dite d’assimilation ne peuvent plus masquer cette évidence.
C'est pourquoi, le colonialisme français, dans un dernier sursaut de nostalgie, essaie de tout mettre en œuvre pour conserver ce dernier carré de la colonisation.
</p>
<p>
Malgré tout, il s'est développé durant ces dernieĢ€res années, un véritable courant pour l'autonomie dans tous les milieux guadeloupéens.
Mais ce courant n'a pu jusqu'aĢ€ présent constituer une force organisée capable de briser le joug colonialiste.
</p>
<p>
Les faiblesses du mouvement autonomiste sur le plan pratique résultent du fait que l'élite politique n’a pas été capable de s'unir
pour offrir des perspectives claires et nettes au peuple, que les partis politiques existants n'ont pas su toujours se dégager de la gangue électoraliste
et des habitudes importées par la domination française et envisager hardiment l'avenir et enfin parce que le travail systématique et nécessaire d'éducation
et d'organisation des masses n’a pas été convenablement fait. Tout cela s'explique par le fait que la question de la libération politique de la Guadeloupe
ne s'est jamais posée comme une lutte évolutive de libération nationale.
</p>
<p>
L'analyse objective de toutes ces considérations eut au cours des deux années écoulées pour conséquence d'insuffler aux différents courants autonomistes
qui sporadiquement se manifestaient dans la capitale française un enthousiasme nouveau, générateur d'objectifs bien définis et de moyens de lutte inédits.
Ce fut donc dans l'euphorie générale que naquit ce qu'il était convenu d'appeler le Front Antillo-Guyanais. Cependant l’objectivité nous commande d'affirmer que,
l'impossibilité pour cette organisation de se relever d'une part, aĢ€ la suite de la mesure de dissolution qui la frappait et de se développer d'autre part,
découle de l'esprit de clocher voisin de l'autoritarisme qui présidait aux décisions essentielles, d'un manque de structuration organique, et enfin de divergences
idéologiques sur la conception meĢ‚me du devenir respectif des pays intéressés.
</p>
<p>
Si les taĢ‚tonnements et les indécisions étaient inévitables en fonction meĢ‚me des conditions dans lesquelles le probleĢ€me de l'autonomie se trouvait et se trouve encore
posé leur perpétuation pourrait, aĢ€ treĢ€s breĢ€ve échéance, plonger la Guadeloupe dans les plus terribles calamités.
</p>
<p>
DéjaĢ€ la détérioration cumulative de la situation en Guadeloupe pose de façon non équivoque l'urgence de la mise en place des solutions adéquates.
Elle pose en meĢ‚me temps et dramatiquement la nécessité d’une mobilisation générale de tous les Guadeloupéens pour la prise en main du destin de leur pays.
</p>
<p>
C'est pour toutes ces raisons, et profondément pénétrés du roĢ‚le qu'il leur appartient de jouer dans l’évolution de la Guadeloupe,
qu'un certain nombre de Guadeloupéens, pour la plupart :
<ul>
<li>
- Jeunes intellectuels en début de carrieĢ€re ;
</li>
<li>
- Ɖtudiants en fin d’études ;
</li>
<li>
- Travailleurs, ont décidé de créer une organisation en vue de tout mettre en œuvre pour :
</li>
<li>
- Réaliser la révolution politique, économique et sociale de en Guadeloupe ;
</li>
<li>
- Construire une Guadeloupe nouvelle, souveraine et heureuse. Cette organisation prendra
la dénomination de Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe (G.O.N.G.) (..)
</li>
</ul>
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">1. LE DROIT DU PEUPLE GUADELOUPEEN A DISPOSER DE LUI-MÊME.</h3>
<p>
Le droit aĢ€ l’autodétermination est un droit inaliénable et imprescriptible reconnu aĢ€ tous les peuples et expressément notifié par la Charte des Nations unies.
Les Guadeloupéens constituent un peuple majeur différent du peuple français. Communauté stable d'hommes avec un territoire propre, une histoire propre, une culture,
une formation psychique, une langue (en dehors du français), une mentalité, des intéreĢ‚ts économiques, des meurs, des besoins et des aspirations fondamentaux propres,
ils constituent aujourd’hui une nation en pleine gestation certes, mais dont les composantes sont suffisamment nettes pour qu'elle revendique tous ses droits.
</p>
<p>
Il ne peut s'agir ici d'une minorité nationale pouvant s'intégrer aĢ€ un ensemble national (français) plus grand. Il n’y a ici rien de comparable avec les exigences propres
aux minorités nationales telles qu'on les rencontre en Corse, en Alsace, ou en Bretagne par exemple.
</p>
<p>
II en résulte que :
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">2. LA GUADELOUPE A LE DROIT A LA PLEINE SOUVERAINETE NATIONALE</h3>
<p>
C'est un principe constant sur lequel on ne saurait transiger quand bien meĢ‚me le peuple guadeloupéen
consentirait aĢ€ hiérarchiser les étapes par lesquelles inéluctablement il atteindrait son objectif final.
</p>
<p>
Cette revendication du reste, bien que reflétant forcément les conditions objectives et subjectives
qui la déterminent aĢ€ un moment donné, s'inscrit en conséquence dans un cadre national.
</p>
<p>
La lutte du peuple guadeloupéen pour le triomphe de ses aspirations est par conséquent une lutte aĢ€ caracteĢ€re national
pour laĢ€ raison meĢ‚me que ces aspirations sont le reflet d’un désir encore plus ou moins conscient de libération du joug oppresseur.
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">3. LA LUTTE POUR CE DROIT EST UNE LUTTE JUSTE.</h3>
<p>
Elle s'inscrit dans le grand courant de décolonisation qui constitue l'événement historique fondamental de notre époque.
</p>
<p>
Des conditions favorables existent aujourd'hui pour engager et mener à bien une telle lutte. Elles sont à la fois externes et internes :
</p>
<p>
1. Externes.
</p>
<p>
La désagrégation générale du systeĢ€me colonial depuis la fin de la DeuxieĢ€me Guerre mondiale fait qu'aujourd'hui
les plus petits pays encore colonisés ont le droit de prétendre eux aussi rejeter le joug colonial.
</p>
<p>
<ul>
<li>
- La condamnation ferme de l'O.N.U. du colonialisme et sa résolution tendant aĢ€ la libération de tous les pays colonisés dans le courant de 1963.
</li>
<li>
- L’accession du Tiers Monde aĢ€ la souveraineté nationale et internationale.
</li>
<li>
- L’existence du camp socialiste qui groupe plus du tiers de la population du globe et qui milite en faveur de l'émancipation des peuples sous tutelle.
</li>
</ul>
</p>
<p>
Enfin l'accession récente de l'Algérie (nagueĢ€re Ā«départements françaisĀ») aĢ€ l'indépendance de meĢ‚me que la transformation politique opérée
dans les Antilles britanniques et la marche triomphante de la révolution cubaine en dépit de tous les mauvais coups de ses adversaires impérialistes,
sont de nature aĢ€ haĢ‚ter l'évolution politique en Guadeloupe.
</p>
<p>
II. Internes.
</p>
<p>
Ces conditions sont à la fois objectives et subjectives :
</p>
<p>
La preuve est faite que le systeĢ€me d'appartenance aĢ€ la France ne saurait résoudre les probleĢ€mes spécifiques de la Guadeloupe
car il existe un antagonisme fondamental entre les intéreĢ‚ts des travailleurs et consommateurs guadeloupéens d'une part et les intéreĢ‚ts
des trusts monopolistes français d'autre part qui détiennent aĢ€ la fois, la terre, les moyens de production et de transport, le commerce et l’administration.
Il est de plus en plus acquis dans les plus larges couches que les probleĢ€mes guadeloupéens ne peuvent eĢ‚tre résolus que par la prise en main par
le peuple guadeloupéen de tous les leviers de commande de la vie politique, économique et sociale des travailleurs est indissolublement liée aĢ€ la lutte
pour la souveraineté nationale ; ces deux objectifs forment, naturellement un tout qu'il est impossible de dissocier.
</p>
<p>
<ul>
<li>
- Le cheminement progressif de l'idée autonomiste au sein des masses laborieuses.
</li>
<li>
- Le désintéressement significatif du peuple guadeloupéen pour tout ce qui concerne la politique française,
marqué notamment par un absentéisme important des électeurs lors du dernier référendum et des élections législatives
(preĢ€s de 60 010 d'abstention en dépit du bourrage massif et frauduleux des urnes organisé sous le patronage officiel).
</li>
<li>
- Enfin le fait le plus déterminant est encore l'engagement total de la jeunesse quelle que soit son origine sociale,
et singulieĢ€rement de la grande masse des étudiants dans la lutte pour l'émancipation politique.
</li>
</ul>
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">4. NÉCESSITÉ D'UNE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE</h3>
<p>
La revendication du peuple guadeloupéen est une revendication nationale.
Elle vise avant tout aĢ€ transformer l'état de choses existant dans ce qu'il a de plus fondamental et de plus essentiel.
Il s’agit de transformer radicalement la Guadeloupe, de créer une Guadeloupe libre et socialiste conformément aux exigences de notre temps,
aux aspirations et aux besoins les plus impératifs de notre peuple.
</p>
<p>
La politique d'adaptation ou de réformes qui ne touchent pas aux structures en place débouche fatalement sur une impasse. Elle releĢ€ve de la démagogie.
</p>
<p>
C'est donc une véritable révolution qu'il faut réaliser en Guadeloupe. (...)
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">6. LES OBJECTIFS DE LA RÉVOLUTION</h3>
<p>
Il résulte de l'analyse faite plus haut que la Révolution doit amener nécessairement la Guadeloupe aĢ€ la pleine souveraineté.
</p>
<p>
Le mot d'ordre d'autonomie a constitué une étape nécessaire dans le processus de libération idéologique de la Guadeloupe
s'il a tenu compte des conditions subjectives liées d’une part aux difficultés de poser de façon concreĢ€te le probleĢ€me,
aĢ€ un certain complexe sur les possibilités d'avenir d'une Guadeloupe totalement émancipée et, d'autre part, aĢ€ certains sentiments,
d'attachement pour la France, aujourd’hui ce mot d'ordre paraiĢ‚t insuffisant ou insuffisamment explicité en raison du fait meĢ‚me que
l’idée a largement pénétré dans les masses et que, pris en lui-meĢ‚me, le mot d'autonomie couvre un champ trop vaste d'interprétations.
</p>
<p>
Pour répondre aux aspirations de notre peuple et apporter des solutions conformes aux exigences de notre temps,
la Révolution devra nécessairement déboucher sur un régime de démocratie.
</p>
<p>
Tout cela implique donc deux impératifs fondamentaux de la Révolution :
<ul>
<li>
1 °) Accession de la Guadeloupe aĢ€ la pleine souveraineté ;
</li>
<li>
2° Ɖtablissement en Guadeloupe d'un régime de démocratie populaire.
</li>
</ul>
</p>
<p>
<strong>La pleine souveraineté nationale</strong> <br>
La lutte révolutionnaire aĢ€ pour objectif de soustraire la Guadeloupe aĢ€ la tutelle coloniale et aĢ€ toute tutelle étrangeĢ€re.
Les Guadeloupéens veulent construire leur destin aĢ€ l'exemple de tous les autres peuples et non subir un destin qu'on leur impose ;
cela implique l'édification de la Guadeloupe en un état souverain dirigé par:
</p>
<p>
<ul>
<li>
1. Une assemblée législative élue par le peuple ;
</li>
<li>
2. Un gouvernement révolutionnaire appuyé sur le peuple et controĢ‚lé par lui.
</li>
</ul>
</p>
<p>
Ces deux pouvoirs détenant les attributs de la souveraineté nationale.
</p>
<p class="pt-3">
<strong>Rapports avec la France</strong> <br>
La destruction des structures coloniales, -l’accession aĢ€ la pleine souveraineté, signifient l'établissement de nouveaux rapports
entre l’ancienne métropole et la Guadeloupe. Seule l'issue de la lutte déterminera le caracteĢ€re de ces nouveaux rapports.
</p>
<p class="pt-3">
<strong>La Guadeloupe dans la Caraïbe</strong> <br>
La Guadeloupe, de par sa situation meĢ‚me, est aĢ€ vocation caraïbe. Le peuple, dans sa grande majorité,
est sensible aĢ€ tout ce qui se passe dans la Caraïbe et dans l'Amérique latine ; les progreĢ€s de la révolution cubaine sont suivis avec un intéreĢ‚t croissant
par les masses laborieuses. C'est la conjonction des divers colonialismes français, britannique, hollandais, espagnol et américain qui a dressé
l'artificielle barrieĢ€re qui existe entre les différents peuples de la Caraïbe.
</p>
<p>
Une des taĢ‚ches essentielles de la Révolution sera de combattre cette barrieĢ€re et de faciliter le rapprochement entre les différents pays de la Caraïbe.
</p>
<p>
A l'égard de nos freĢ€res de la Martinique et de la Guyane, la Révolution adoptera une attitude de solidarité agissante et fera tout pour faciliter le mouvement vers l'unité.
</p>
<p>
En dépit des spécificités propres aĢ€ chacun des pays, de nombreuses raisons rapprochent ces trois pays et singulieĢ€rement la Guadeloupe et la Martinique. Il est évident que
</p>
<p>
<ul>
<li>
- Dans l'immédiat : une solidarité étroite dans la lutte, une entente conjointe sur les objectifs ainsi qu'une coordination de faction
ne pourront que renforcer le mouvement d'émancipation dans ces pays et haĢ‚ter le moment de leur libération ;
</li>
<li>
- Pour l'avenir : une coopération étroite de ces pays dans tous les domaines, politique, économique, culturel, ne pourra que consolider
le devenir respectif de chacun d'eux et faciliter leur édification en Ɖtats modernes.
</li>
</ul>
</p>
<p>
En tout état de cause, la construction en commun, l'établissement de liens organiques entre ces pays ne peuvent eĢ‚tre possible
et efficaces que s'ils sont réalisés par des peuples devenus libres et que si, une fois libérés, ils s'engagent dans des voies démocratiques semblables.
C'est pourquoi nous ne pouvons souscrire d'ores et déjaĢ€ aĢ€ telle ouĢ€ telle forme d'union, car ce serait établir un préalable qui pourrait par la suite
se révéler dangereux pour le devenir respectif de ces pays, dans la mesure ouĢ€ il pourrait faire le jeu de l'impérialisme dans la pratique.
</p>
<p>
Entre la dilution au sein d’un groupement vague niant l'originalité,
les besoins et les aspirations respectifs de chaque partie et le confinement dans un particularisme national, étroit et chauvin,
il y a assurément la place pour une en- tente profonde et durable.
</p>
<p>
Les aspirations aĢ€ l'unité se situent dans une perspective historique juste.
Elles traduisent le besoin de libération des masses, leur désir de mettre le maximum de forces en mouvement pour briser tous les obstacles aĢ€ leur promotion.
Pour faire avancer vers l'unité, il ne suffit plus aujourd’hui de se référer seulement aĢ€ des facteurs subjectifs.
</p>
<p>
Ā«L'unité entre des, pays distincts est une œuvre gigantesque qui doit se poser dans le cadre d'options idéologiques, politiques et économiques communes
correspondant aux intéreĢ‚ts des masses populairesĀ».
</p>
<p>
Ouverture sur le monde <br>
Un des facteurs non négligeable de notre développement est la possibilité pour notre pays de bénéficier de l'aide technique et financieĢ€re des autres pays du monde.
</p>
<p>
C'est pourquoi, en matieĢ€re de politique étrangeĢ€re, la Guadeloupe doit jouir d'une liberté d'action.
</p>
<p>
C'est pourquoi la Guadeloupe doit pouvoir se faire représenter aupreĢ€s des principaux organismes internationaux.
</p>
<p>
L'argument répandu selon lequel la libération politique des Antilles transformerait ces pays en bases militaires au service d'un bloc, ne résiste pas aĢ€ l'examen.
Il est directement inspiré par les colonialistes qui visent, en spéculant sur la volonté pacifiste de nos peuples, aĢ€ mobiliser ta sensibilité antillaise au service
de leurs intéreĢ‚ts et aĢ€ prolonger la tutelle coloniale.
</p>
<p class="pt-3">
<strong>Un régime démocratique et populaire</strong>. <br>
La prise en main par notre peuple de ses propres affaires suppose l’orientation de la Révolution vers un régime démocratique et populaire ;
dire l'union consciente de toute les couches de la population pour la construction de la Guadeloupe dans le cadre des principes socialistes.
</p>
<p>
Le but primordial de la Révolution doit eĢ‚tre la transformation radicale du systeĢ€me économique actuel de profit en une économie de besoins: la satisfaction des besoins essentiels du peuple.
</p>
<p>
Seule une perspective socialiste peut créer les conditions adéquates aĢ€ cette transformation. L'édification de la Guadeloupe en Ɖtat moderne, la résolution efficace des probleĢ€mes,
le triomphe contre les obstacles de toutes sortes et les immenses difficultés ne seront possibles que dans le cadre d'un régime qui permet l'initiative, la vigilance et le controĢ‚le du peuple.
</p>
<p>
Le développement accéléré du sens de la responsabilité collective est en l'occurrence facteur de progreĢ€s et gage de succeĢ€s.
</p>
<p>
Les trois objectifs suivants constituent les principes fondamentaux de la Révolution en matieĢ€re économique :
</p>
<p>
<ul>
<li>
1 - Réforme agraire assurant le controĢ‚le du peuple sur la propriété foncieĢ€re et sur la production agricole ;
</li>
<li>
2 - Refonte du commerce ;
</li>
<li>
3 - Industrialisation, source d'activités nouvelles et d'utilisation du potentiel humain de travail ;
</li>
<li>
4 - La planification scientifique et démocratique seule capable d'assurer le développement harmonieux, proportionné et rapide de l'économie
dans tous ses secteurs (agriculture, industrie, commerce, transport, pêche, etc.) constituera le principe essentiel, le moteur qui permettra d'atteindre dans toute leur ampleur ces objectifs.
</li>
</ul>
</p>
<h3 class="title is-5 mt-5">7. LES CONDITIONS DU SUCCEĢ€S</h3>
<p>
Telles sont dans leurs grandes lignes les conditions de l'émancipation de notre pays.
</p>
<p>
Telles sont dans leurs grandes lignes les conditions de l'émancipation de notre pays.
Jamais les chances de succeĢ€s n’ont été si grandes ; il faut savoir les saisir. Ā«La force du mouvement national est fonction du degré de participation
aĢ€ ce mouvement de vastes couches de la nation, du prolétariat et de la paysannerieĀ». Toutes les difficultés, toutes les oppositions, toute résistance du colonialisme,
seront rapidement balayées quand le peuple aura compris la nécessité de s'unir sur la base de ces principes pour briser le cadre d’une domination triséculaire.
</p>
<p class="pt-3">
LE G.O.N.G. - Adopté en Assemblée générale - juin 1963
</p>
</section>
<footer class="modal-card-foot">
<button class="button">Fermer</button>
</footer>
</div>
</div>
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<div class="modal-background"></div>
<div class="modal-card">
<header class="modal-card-head">
<p class="modal-card-title has-text-centered">ORIENTATION <br> ET <br> STRATEGIE <br> DE LA LUTTE <br> REVOLUTIONNAIRE <br> DU PEUPLE <br> GUADELOUPEEN</p>
<button class="delete" aria-label="close"></button>
</header>
<section class="modal-card-body has-text-justified">
<p>
Au cours de la journée d'étude du 1er mai, en présence de représentants de l'AGEC, de l'A.A.C.,
le bureau provisoire a débattu des voies et moyens et du programme d'activités de l’année 1963.
Considérant l'extreĢ‚me importance de connaiĢ‚tre concreĢ€tement pourquoi nous voulons notre libération,
comment nous entendons mener notre lutte, nous avons décidé de poser quelques conclusions fondamentales qui doivent constituer
l'option politique et stratégique du militant du G.O.N.G. Nous ne pouvons aller de l'avant si nous ne tombons pas tous d'accord
sur l'attitude politique aĢ€ observer, la méthode d'action de lutte aĢ€ appliquer.
</p>
<p>
L'adoption de ce rapport engagera clairement tous les militants et sera leur constante référence jusqu'aĢ€
l'intervention de données exceptionnelles capables de modifier le processus de notre lutte.
</p>
<p>
Un examen treĢ€s approfondi aĢ€ porté sur les questions suivantes:
</p>
<p>
<ul>
<li>
1 - Lutte de masse et lutte de classe.
</li>
<li>
2 - Lutte de masse en tant que moyen de lutte révolutionnaire.
</li>
<li>
3 - La lutte révolutionnaire armée
</li>
<li>
4 - La violence libératrice.
</li>
<li>
5 - Les exemples de lutte de libération nationale.
</li>
<li>
6 - Les possibilités concreĢ€tes de la lutte en Guadeloupe.
</li>
<li>
7 - La voie révolutionnaire de la Guadeloupe.
</li>
<li>
8 - L'établissement du programme d'action du G.O.N.G.
</li>
</ul>
</p>
<p class="my-3">
Voici les conclusions qui ont été dégagées.
</p>
<p class="has-text-weight-bold">
Des points 1 et 2 : DE LA LUTTE DE MASSE EN TANT QUE MOYEN DE LUTTE DE LIBERATION NATIONALE.
</p>
<p>
La lutte de masse est l'entrée en action des plus larges couches de la population dans
une mobilisation générale pour le triomphe d'une revendication bien définie.
Elle est basée en pays sous-développé sur la recherche du mieux eĢ‚tre et l'aspiration aĢ€ la dignité.
</p>
<p>
La lutte de masse peut eĢ€re le résultat de l’organisation d'une alliance temporaire comportant des avantages
immédiats pour les deux partis : la classe ouvrieĢ€re et paysanne dans une société avancée d'un coĢ‚té et la bourgeoisie de l’autre.
En ce qui concerne la Guadeloupe, la lutte de masse doit eĢ‚tre le résultat de l’organisation des différentes catégories sociales
mobilisées sur un theĢ€me unitaire : la revendication nationale, un statut d'Ɖtat souverain associé avec un programme révolutionnaire
qui doit tenir compte essentiellement des intéreĢ‚ts de l'ensemble de la population et en premier lieu des paysans et ouvriers constituant la force motrice de la révolution.
Car l'analyse dialectique permet d'affirmer que la contradiction principale est celle qui existe entre les catégories sociales du peuple dans son entier et le colonialisme
et l'impérialisme français. La résolution de cette contradiction constitue le caracteĢ€re national de notre lutte de libération. Des contradictions internes entre les intéreĢ‚ts
de diverses catégories sociales existent, elles doivent tendre vers une solution acceptable pour tous, vers une responsabilité de plus en plus élargie aux couches
les plus nombreuses de la population guadeloupéenne. La résolution de ces contradictions internes menées sous le nom de la lutte de classe constitue le caracteĢ€re démocratique
de notre lutte. Dans une stratégie générale, la lutte pour la Démocratie doit nécessairement eĢ‚tre menée en meĢ‚me temps que la lutte de libération. Elle ne doit pas bloquer le travail
d'organisation nationale; bien comprise, elle ne saurait eĢ‚tre invoquée pour rejeter les cadres nationaux capables d'apporter qualitativement et quantitativement un sérieux appoint aĢ€
notre lutte.
</p>
<p>
Chaque responsable, chaque militant doit tenir compte de cette attitude politique dans lé travail d’unification et d'organisation politiques.
Nous faisons noĢ‚tre cette appréciation de Staline : Ā«La force du mouvement national est fonction du degré de participation des vastes couches de la nation,
du prolétariat et de la paysannerieĀ»: et c’est l’occasion de rappeler avec Mao le roĢ‚le des jeunes intellectuels et étudiants militant au G.O.N.G.
Ils doivent aller aux masses paysannes et ouvrieĢ€res pour les mobiliser et les organiser selon ces principes. Ils seront jugés, évalués non sur leurs connaissances
livresques et techniques mais sur leur capacité aĢ€ s'intégrer au peuple, aĢ€ mener une action concreĢ€te, aĢ€ réaliser une taĢ‚che définie dans le sens de cette orientation de lutte.
Ɖduquer, mobiliser, organiser, voilaĢ€ la ligne aĢ€ suivre.
</p>
<p class="has-text-weight-bold mt-3">
POSITION SUR UN DES MOYENS DE LUTTE DE MASSE : <br>
LE SUFFRAGE UNIVERSEL.
</p>
<p>
Le suffrage universel doit eĢ‚tre considéré comme une arme du peuple; il l'utilise pour la défense de sa revendication nationale, pour exprimer aĢ€ la face du monde,
par le choix d'un ou plusieurs représentants authentiques, sa .volonté de faire aboutir le programme défendu. Tout représentant élu démocratiquement doit obligatoirement
avoir pour taĢ‚che de combattre le systeĢ€me de dépendance et de faire de l'agitation pour le changement de statut politique. Dans les conditions démocratiques de vote,
le peuple doit participer aux élections, exprimer sa volonté, du moment que ces élections vont dans le sens de ses intéreĢ‚t, et qu'il a la garantie du respect de ses suffrages.
Cependant il est aĢ€ noter que dans le rapport actuel des forces, le colonialisme se sert le plus souvent du geste électoral du Guadeloupéen pour cautionner, graĢ‚ce aĢ€ la fraude
et aĢ€ la force policieĢ€re, les fantoches qui servent son intéreĢ‚t. Le peuple doit refuser d'aller aux urnes chaque fois qu'il s'agit d'une mascarade organisée par le colonialisme,
sous le joug de ses forces armées. Bien plus, il doit supprimer le moyen d’oppression par un boycott systématique et organisé de telle sorte que cette action devienne
un événement politique positif pour sa lutte de libération nationale. Dans le cas d'une élection globale devant décider de l'avenir politique du peuple guadeloupéen
la position du G.O.N.G. est que la participation aux urnes ne sera valable que si toutes les garanties sont réunies par un controĢ‚le neutre et international.
</p>
<p>
Nous voyons que l’ensemble de la lutte révolutionnaire ne saurait tendre ni uniquement, ni principalement aĢ€ faire élire des représentants
chargés de faire de l'agitation et de poser dans les formes constitutionnelles du MaiĢ‚tre de la Revendication Nationale.
Nous constatons que les actuels Ā«mal élusĀ» ne pourront aĢ€ aucun moment prétendre négocier au nom du peuple guadeloupéen.
Nous constatons que tant que l'arme du suffrage universel ne sera pas controĢ‚lée par le peuple, l'électoralisme doit eĢ‚tre liquidé
en tant que moyen de lutte révolutionnaire de libération nationale.
</p>
<p class="has-text-weight-bold mt-3">
Des points 3 et 4 : <br>
LUTTE REVOLUTIONNAIRE ARMEE VIOLENCE LIBERATRICE
</p>
<p>
Tout le monde admet que le passage de la lutte politique aĢ€ la lutte armée constitue un tournant extreĢ‚mement grave et important pour le salut national.
Lénine nous enseigne l'insurrection doit s’appuyer sur l'essor révolutionnaire des masses et non sur un complot.
L'histoire nous enseigne que le colonialisme ne recule que devant des actions de force aĢ€ l'échelle du peuple opprimé.
</p>
<p>
La force doit s'entendre aussi bien dans le sens matériel que moral. Elle se traduit par les rapports existant entre les avantages et les faiblesses des parties opposées.
</p>
<p>
Tenant compte des luttes des peuples qui se sont libérés du joug du colonialisme, des conditions spécifiques de la lutte en Guadeloupe,
le G.O.N.G. admet la violence libératrice spécifique comme moyen intégré de notre lutte de libération nationale.
Mais nous précisons l’action terroriste au stade actuel ne ferait que défavoriser notre cause. Nous devons aĢ€ tout prix éviter l’extermination de nos forces naissantes.
Les interventions armées ne peuvent, en aucun cas, eĢ‚tre déclenché avant que le peuple, soutien logistique de la Révolution, ne les ait admises et rendues possibles.
L'analyse breĢ€ve et comparative des forces nous montre : l'adversaire est avantagé sur les points suivants :
</p>
<p>
<ul>
<li>
- et la qualité et la quantité des armes,
</li>
<li>
- les forces de répression bien entraiĢ‚nées,
</li>
<li>
- un sens élevé de l’organisation,
</li>
<li>
- une propagande largement orchestrée aĢ€ l'intérieur comme aĢ€ l'extérieur.
</li>
</ul>
Nos avantages :
<ul>
<li>
- Notre cause est juste.
</li>
</ul>
Nous luttons contre l'oppression politique, économique, sociale, pour le droit de nous diriger nous-meĢ‚mes Ā«souveraineté nationaleĀ».
<ul>
<li>
- L'ensemble de notre population est d'accord pour un changement de statut.
</li>
<li>
- La lutte se passera en tout premier lieu sur un sol où vit un peuple qui en a une parfaite connaissance et soutient ses fils.
</li>
<li>
- Le soutien international des peuples libérés du colonialisme et des peuples du camp socialiste.
</li>
<li>
- Les contradictions internes de l'impérialisme.
</li>
</ul>
Notre faiblesse sur le plan matériel apparaiĢ‚t clairement.
Il faut noter que ces avantages du camp colonialiste portent sur des points secondaires dans une évaluation dialectique correcte,
le passage de l’état d'infériorité initiale aĢ€ l’état de supériorité finale est possible, car noĢ‚tre force est, elle,
capable de se développer plus vite sur les points essentiels au cours meĢ‚me de la lutte :
<ul>
<li>
- participation des larges masses aĢ€ la lutte de libération,
</li>
<li>
- Soutien de plus en plus large de l'opinion internationale.
</li>
</ul>
</p>
<p>
Ainsi apparaiĢ‚t une notion fondamentale aĢ€ retenir, notre stratégie de lutte de libération doit eĢ‚tre envisagée sous l'angle
d'une résistance de longue durée. Toute conception née de l'’impatience visant aĢ€ enlever une victoire rapide serait une grave erreur et devrait eĢ‚tre combattue.
</p>
<p>
C'est à une VICTOIRE POLITIQUE que doivent tendre toutes nos forces.
</p>
<p>
Pourquoi victoire politique ? Toute lutte aboutit nécessairement aĢ€ une négociation, elle que nous visons doit entraiĢ‚ner
des conséquences telles que le colonialisme se trouvera objectivement dans l'incapacité de poursuivre son œuvre d'exploitation
et de domination, des conséquences telles que notre destin soit assuré par notre responsabilité. D'ouĢ€ cette notion fondamentale de penser
la stratégie d'organisation du peuple comme une lutte de construction nationale. En résumé, abattre l'impérialisme, préparer les structures organisationnelles
d'une Guadeloupe libre, souveraine, moderne, heureuse. Nous voyons que les conditions de succeĢ€s de notre lutte révolutionnaire anti-colonialiste, anti-impérialiste,
de libération et de construction nationales sont précisément l'existence d'un mouvement puissant et agissant. «La révolution est impossible sans lutte nationale généralisée».
</p>
<p class="has-text-weight-bold mt-3">
Point 5 : DES EXEMPLE DE LUTTE DE LIBÉRATION NATIONALE.
</p>
<p>
Nous savons que chaque révolution, chaque lutte de libération nationale est dans chacun des cas,
un phénomeĢ€ne unique, propre telle époque historique, aĢ€ tel pays c'est-a-dire aux conditions politique, économique et physique du peuple qui meĢ€ne la lutte,
cependant, nous affirmons que toutes les révolutions confirment la loi fondamentale suivante : Ā«Il ne suffit pas, pour que laĢ€ révolution ait lieu,
que les masses exploitées et opprimées soient conscience de l'impossibilité de vivre comme autrefois et réclament le changement.
Il faut, pour que la révolution ait lieu, que les exploiteurs, les colonialistes et leurs suppoĢ‚ts ne puissent pas vivre et gouverner comme autrefoisĀ».
</p>
<p>
Nous décidons, non pas de mener la lutte révolutionnaire de la manieĢ€re du VIETNAM, de CUBA ou de l'ALGERIE,
mais de bénéficier de leur expérience de la lutte de libération, de leur aide, de leurs apports positifs a la lutte mondiale de décolonisation.
</p>
<p class="has-text-weight-bold mt-3">
Points 6 et 7 : POSSIBILITÉ CONCREĢ€TE DE LA LUTTE. <br>
VOIR REVOLUTIONNAIRE EN GUADELOUPE
</p>
<p>
Sur le plan politique :
</p>
<p>
L'analyse des forces politiques et sociales montre que les forces autonomistes A.G.E.G, P.G.G., M.D.A.,
syndicats, personnalités progressistes, n'ont pu jusqu’aĢ€ présent réaliser L’'UNITÉ POLITIQUE sur la base d’une lutte de libération nationale,
et sur Un programme minimum aĢ€ contenu social et économique entraiĢ‚nant l'adhésion du peuple.
</p>
<p>
Mais des possibilités concreĢ€tes d’UNITE se dégagent. L’A.G.E.G., force nationale offre des possibilités concreĢ€tes
d'organiser la jeunesse guadeloupéenne sur une base nationale. Elle a adopté le mot d'ordre «UNITE ET ORGANISATION» du peuple.
Les débats sur le theĢ€me de l'unité, ont malgré les divergences idéologiques, imposé aĢ€ tous la lutte de libération nationale, au P.C.G., comme chez le M.D.A.
</p>
<p>
Les ouvriers guadeloupéens de Paris se regroupent au sein de l’A.G.T.A.G., afin de participer au combat de libération.
</p>
<p>
En Guadeloupe, et aĢ€ Paris, l'existence de groupes de jeunes révolutionnaires prouve s'il en était besoin que laĢ€ crise générale progresse.
</p>
<p>
Sur le plan de la résistance physique :
</p>
<p>
La résistance physique, l'emploi de certaines formes d'actions armées, de la violence spécifique, sont dans nos possibilités.
Car pendant la guerre colonialiste menée au VIETNAM par la France, pendant son combat d'extermination menée contre le peuple Algérien,
plusieurs générations de jeunes guadeloupéens ont servi contre leurs freĢ€res coloniaux. Ils ont compris par l’action,
par la vue directe que leur position aupreĢ€s de l’oppresseur était incompatible avec leur origine, leurs aspirations.
Ils sont dans la grande majorité d'accord pour risquer leur vie en pleine conscience, pour leur dignité, leur liberté,
contre ces meĢ‚mes forces qui les avaient embrigadés d'office.
</p>
<p>
Mais il existe, aussi bien dans les partis de gauche, dans le camp des étudiants et bien entendu dans les rangs des valets
et des personnalités des hommes qui proĢ‚nent un verbalisme révolutionnaire tendant aĢ€ maintenir nos forces dans un pacifisme garanti.
Il nous faut combattre ces pacifistes si nous voulons faire avancer l’idée d’une lutte réelle, il nous faut écarter les obstacles nombreux
qu'ils accumulent pour repousser indéfiniment la réalisation des conditions objectives de la lutte de libération nationale.
</p>
<p>
Notre position est que notre peuple ne se refusera -pas aĢ€ manier les armes, en avoir pour défendre son droit aĢ€ la liberté
apreĢ€s que son sang ait été prélevé pour des raisons contraires aĢ€ son intéreĢ‚t. Dans le cas contraire nous mériterions notre esclavage.
</p>
<p>
La conclusion qui s'impose est que la voie guadeloupéenne est celle d’une lutte politique de masse généralisée portant sur tous les plans
et dans tous les domaines, utilisant tous les moyens, y compris les actions armées, la violence spécifique, dans la mesure des possibilités concreĢ€tes de la GUADELOUPE.
</p>
<p>
Voici, condensées, les lignes générales de notre orientation et stratégie. Ces lignes sont pour l'instant propulsées et appliquées par le G.O.N.G.
Nous espérons qu'elles seront dans leur plus grande part adoptées par le mouvement national GUADELOUPEEN.
</p>
<p>
En ce qui concerne la lutte de masse :
</p>
<p>
La phase préliminaire dans cette étape pré-révolutionnaire actuelle, comporte une préparation systématique, impérieuse,
intransigeante et accélérée des cadres révolutionnaires. L'accélération de l’histoire nous impose des mesures d'urgence et
une réduction du temps de maturation. Les militants doivent rapidement apprendre les méthodes d’agitation, d'organisation, de mobilisation et de direction.
</p>
<p>
Il s’agit de développer et de renforcer l’action pour :
</p>
<p>
<ul>
<li>
- généraliser la prise de conscience,
</li>
<li>
- poser la revendication nationale dans tous les domaines de la vie quotidienne sur les lieux de travail, dans les écoles, les églises,
les syndicats, les partis poli- tiques, les associations culturelles ou sportives, les sociétés mutualistes.
</li>
<li>
- accroiĢ‚tre l'agitation politique afin de créer un état de tension révolutionnaire par l'édition de tracts, d'affiches, d'inscriptions sur les murs,
par l’organisation de meetings, le noyautage de manifestations officielles, placées sous l'égide du systeĢ€me. Créer et multiplier les organisations de masse
pour la lutte en plein jour. Mais surtout de passer aĢ€ l’organisation concreĢ€te des groupes révolutionnaires, d'organisations nouvelles sur la base des catégories
des activités professionnelles en y développant l'idéologie de la lutte de libération nationale avancée par le G.O.N.G. L'apparition d'organisations suivantes telles que :
</li>
<li>
- Syndicat national,
</li>
<li>
- Mouvement national de la jeunesse,-
</li>
<li>
- Association des artisans et des petits commerçants
</li>
<li>
- Union nationale des femmes.
</li>
</ul>
</p>
<p>
L'union des paysans de petits planteurs, est certainement la taĢ‚che qui entraĆ®nera la phase du regroupement des forces guadeloupéennes
sous une direction unifiée et aĢ€ forte cohésion interne en un vaste Front Uni ou mouvement national de la Guadeloupe.
</p>
<p>Sur la question de la violence :</p>
<p>
Le moment de son entrée en sceĢ€ne sera déterminé apreĢ€s une évaluation dialectique de nos forces,
selon les conditions et les besoins de la lutte. Les militants doivent faire de la propagande pour l'action armée ou de laĢ€ violence afin de la préparer,
de la rendre possible, puisque nous devons y recourir.
</p>
<p>
De toute évidence il faut que les premieĢ€res conditions soient remplies, ou pres- qu’en totalité pour qu'interviennent :
</p>
<p>
<ul>
<li>
- GreĢ€ve générale,
</li>
<li>
- Le boycott du commerce et de l’économie colonialiste,
</li>
<li>
- Le boycott de l'administration colonialiste en meĢ‚me temps que la création d'une administration paralleĢ€le guadeloupéenne,
</li>
<li>
- le boycott des élections législatives, générales.
</li>
</ul>
</p>
<p>
Les actions armées contre les institutions et corps constitués représentant concreĢ€tement la tutelle (préfecture, gendarmerie, casernes de C.R.S....)
</p>
<p>
La liquidation des traiĢ‚tres, des valets, et des représentants de la tutelle et l'INSURRECTION.
</p>
<p>
Les actions contre les institutions administratives et économiques, doivent eĢ‚tre politiques et de violence (ex. Précédents).
</p>
<p>
A l'extérieur :
</p>
<p>
Poser de manieĢ€re systématique et claire le probleĢ€me GUADELOUPEEN et notre revendication nationale devant la conscience française.
</p>
<p>
EntraiĢ‚ner l’aide effective des organisations anti-colonialistes en France par des activités concreĢ€tes de soutien en plein jour.
</p>
<p>
Utiliser la solidarité agissante des nations sœurs pour l'obtention d’une aide matérielle financieĢ€re et technique aĢ€ la révolution GUADELOUPEENNE.
Démasquer le gouvernement français devant l'opinion publique internationale quand il prétend avoir terminé la décolonisation.
</p>
<p>
Dénoncer les hommes de l'ancien Front Antillo-Guyannais qui volent la représentativité de notre peuple aupreĢ€s des pays du tiers monde,
les arrivistes guadeloupéens liés aĢ€ ces usurpateurs.
</p>
<p>
Préparer les techniciens aĢ€ formation polymorphe pour la lutte armée, les commandos destinés aĢ€ accomplir les taĢ‚ches spéciales de la révolution.
</p>
<p>
La mise en route et la réussite d'une telle stratégie supposent :
</p>
<p>
<ul>
<li>
a) Une ligne politique juste : notre revendication de souveraineté nationale est juste; le content social qui sera proposé aĢ€ notre peuple
tiendra compte essentiellement de ses intéreĢ‚ts, et aura un caracteĢ€re démocratique.
</li>
<li>
b) Un bloc unitaire national : notre taĢ‚che d'unité, d'organisation de tout le peuple est réalisable car elle refleĢ€te un besoin de tous les Guadeloupéens.
</li>
<li>
c) Un plan de lutte correctement élaboré: l'engagement de tout notre peuple organisé pour se battre sur tous les plans est un gage indéniable de succeĢ€s.
</li>
</ul>
</p>
<h3 class="title is-5 my-5">«NOUS VAINCRONS»</h3>
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