Ajoute la section Après le GONG, les responsables de Mé 67 et 15 actualités vidéo

- Nouvelle section /apres-le-gong/ : 7 pages (contexte, organisations,
  personnes, chronologie 1968-2025, événements majeurs, culture et
  héritage, rapport de vérification) + schéma des filiations.
- Nouvelle page /responsables/ : Pierre Bolotte et Jacques Foccart,
  la chaîne de commandement de la répression de mai 1967.
- Actualités : chaque vidéo YouTube devient une actualité datée de sa
  publication (15 articles, 2013-2026), avec miniatures auto-hébergées
  (CSP 'self') servant aussi de couvertures.
- Helper markdown partagé : rendu des références [^N^] en appels de
  note cliquables + section Sources ancrée.
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titre: "Après le GONG"
chapeau: "Histoire des organisations indépendantistes et pro-indépendantistes guadeloupéennes (1968-2025)."
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## De la mémoire du GONG à la mémoire de ses héritiers
Le GONG (Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe), fondé à Paris en juin 1963, a été frappé de plein fouet par la répression des événements de mai 1967 puis par les procès de 1968 : il disparaît *de facto* en 1968 [^16^][^67^]. Mais l'idée qu'il portait — « le droit du peuple guadeloupéen à disposer de lui-même » — n'a pas disparu avec lui. Dans les deux décennies qui suivent, d'anciens militants du GONG et une nouvelle génération de patriotes construisent, sur les cendres de l'organisation, tout un paysage de mouvements : syndicats ouvriers, partis politiques, groupes armés, radios libres, collectifs culturels.
Cette section du site prolonge le dossier consacré au GONG en racontant **ce qui est venu après** : la recomposition clandestine des années 1968-1970, le « syndicalisme national » de l'UTA et de l'UGTG, la fondation de l'UPLG en 1978, la lutte armée du GLA puis de l'ARC au temps des « Nuits bleues », l'amnistie de 1989, la réorientation politique des années 1990, la grande grève du LKP en 2009 et la révolte de 2021-2022. Elle repose sur des sources académiques, journalistiques et archivistiques citées dans chaque page, dans le même esprit que le reste du site.
## Une filiation revendiquée
L'UPLG, fondée en décembre 1978, se présente explicitement comme l'héritière du GONG [^15^][^9^]. Le syndicalisme national, né avec l'Union des travailleurs agricoles (UTA) en décembre 1970, est porté par d'anciens cadres du GONG et du CPNJG associés à des exclus du PCG [^8^][^62^]. Même la mouvance armée des années 1980 se réclame de la même matrice : Luc Reinette, chef de file du GLA puis de l'ARC, prolonge la revendication d'indépendance par d'autres moyens [^11^]. En 2009, la grève générale du LKP renoue avec cette histoire : son porte-parole, Élie Domota, dirige l'UGTG, syndicat « dirigé depuis son origine par des militants issus du mouvement indépendantiste » [^30^].
## Avertissement méthodologique
Comme pour le reste du dossier, cette section distingue les faits solidement établis (par plusieurs sources indépendantes) des points encore discutés ou mal documentés, signalés comme tels dans le texte. L'histoire du mouvement indépendantiste guadeloupéen a longtemps été écrite par ses adversaires ou par ses protagonistes : chaque témoignage militant est ici présenté comme tel. Un [rapport de vérification](/apres-le-gong/rapport-verification/) détaille les corrections apportées aux versions antérieures de ce travail.
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^16^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
[^30^]: https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
[^62^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-le-parti-communiste-guadeloupeen.html
[^67^]: https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
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titre: "Chronologie 1968-2025"
chapeau: "Près de cinquante événements datés, des procès de 1968 à la révolte de 2021-2022."
ordre: "4"
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## 1968-1970 : le silence et la recomposition
| Date | Événement |
|---|---|
| 19 fév. 1er mars 1968 | Procès de dix-neuf militants du GONG devant la Cour de sûreté de l'État à Paris : 13 acquittements, 6 peines avec sursis [^67^][^71^] |
| avril 1968 | Procès des « émeutiers » au tribunal de Pointe-à-Pitre [^12^] |
| 1968 | Le GONG cesse *de facto* toute activité ; clandestinité et exil pour nombre de militants [^16^][^64^] |
| 30 juin 1969 | Amnistie des condamnés du procès de 1968 [^67^] |
| déc. 1970 | Fondation de l'UTA (Union des travailleurs agricoles) [^8^][^68^] |
## 1971-1978 : le syndicalisme national
| Date | Événement |
|---|---|
| janv. 1971 | Grande grève des travailleurs agricoles menée par l'UTA, suivie de la grève du bâtiment [^34^] |
| 24 mai 1971 | Parution du premier numéro de *Combat ouvrier*, journal trotskyste antillais [^34^][^38^] |
| 1973, 1975 | Nouvelles grandes grèves agricoles contre les usiniers [^8^] |
| 2 déc. 1973 | Congrès constitutif de l'UGTG à Baie-Mahault ; Robert Mornal premier secrétaire général [^20^][^21^] |
| 1978-1979 | Naissance du mouvement culturel Akiyo autour des frères Nankin et du tanbouyé Vélo [^46^][^48^] |
| déc. 1978 | Fondation de l'UPLG, héritière du GONG [^15^][^10^] |
## 1980-1984 : la lutte armée et les « Nuits bleues »
| Date | Événement |
|---|---|
| 1980 | Fondation du GLA ; première vague d'attentats (sept.-déc. : Raizet, Marina, gendarmeries, préfecture de Basse-Terre) [^47^][^2^] |
| août 1980 | Ultimatum du GLA sommant les « non-Guadeloupéens » de quitter l'île avant le 31 décembre [^47^] |
| 24 et 29 janv. 1981 | Attentats en Hexagone : train Roissy-Paris (1 mort), palais de justice de Paris [^47^] |
| 7 mars 1981 | Première arrestation de Luc Reinette ; libéré le 2 juillet après grève de la faim et grève générale de soutien [^11^] |
| 1981 | Fondation du MPGI par Luc Reinette ; l'UPLG saisit le Comité de décolonisation de l'ONU [^44^] |
| 8 nov. 1981 | Création de Radio-Unité, radio libre indépendantiste émettant en créole depuis Pointe-à-Pitre [^50^] |
| 13 déc. 1981 | L'UPLG constitue le MUFLNG [^15^] |
| 1982 | L'UPLG, le MIM (Martinique) et le FNLG (Guyane) prennent une initiative commune contre la décentralisation [^15^] |
| 28 mai 1983 | Premières revendications de l'ARC : explosions à la sous-préfecture et au palais de justice de Pointe-à-Pitre [^2^][^44^] |
| 13-14 nov. 1983 | Nuit des « Nuits bleues » : six attentats simultanés, une vingtaine de blessés ; destruction des studios de RCI [^2^] |
| déc. 1983 | Neuf membres de l'ARC inculpés ; Luc Reinette entre en « marronnage » [^2^][^11^] |
| 24 juillet 1984 | Explosion mortelle à Pointe-à-Pitre : quatre membres de l'UPLG tués par leurs propres bombes [^15^] |
| 1984 | Akiyo se constitue en association « Mouvman kiltirèl » ; mort de Vélo [^48^] |
| 27 nov. 1984 | Arrestation de Luc Reinette lors d'un contrôle de routine [^11^] |
## 1985-1989 : procès, évasion, amnistie
| Date | Événement |
|---|---|
| fév. 1985 | Procès de Pointe-à-Pitre : Reinette condamné à 12 ans (23 ans en appel) [^11^][^2^] |
| 1985 | Interdiction préfectorale d'Akiyo ; 8 000 personnes dans la rue, le sous-préfet est rappelé [^48^] |
| 16 juin 1985 | Évasion de Luc Reinette et de trois camarades de la prison de Basse-Terre [^6^] |
| 21 juillet 1987 | Réarrestation du groupe à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, après la tentative de « gouvernement provisoire » depuis le Guyana [^11^] |
| 1989 | Le PCG adopte le mot d'ordre d'indépendance [^54^] |
| avril 1989 | L'UPLG abandonne la lutte armée ; manifestations de Port-Louis pour les prisonniers politiques [^15^] |
| 3 juill. 1989 | L'Assemblée nationale adopte la loi d'amnistie des indépendantistes guadeloupéens et martiniquais [^84^] |
| 10-12 juill. 1989 | Loi du 10 juillet portant amnistie ; Reinette et huit militants de l'ex-ARC libérés : fin de l'ARC [^81^][^11^] |
## 1990-2008 : reconversions
| Date | Événement |
|---|---|
| 1991 | Scission du PCG : Henri Bangou fonde le PPDG [^54^] |
| 22 mars 1992 | Régionales : l'UPLG obtient 5,49 % et 2 élus [^10^] |
| 4 fév. 1992 | Fondation du CIPN par Luc Reinette ; banderole « Esclavage crime contre l'humanité » au parvis des Droits de l'homme [^77^] |
| 1993 | Partielle régionale : 7,75 % et 3 élus pour la liste de Roland Thésauros ; dissolution de l'UPLG, fondation du Mouvement Guadeloupéen et du KLNG [^10^][^9^] |
| 10 déc. 1997 | Fondation du Mouvman Gwadloupéyen [^43^] |
| 1998 | Le CIPN lance l'idée du Mémorial ACTe ; 10 000 personnes au 150e anniversaire de l'abolition [^83^][^77^] |
| mars 2001 | Ary Broussillon (Mouvman Gwadloupéyen) élu maire de Petit-Bourg [^43^] |
| janv. 2002 | Jean-Marie Nomertin (Combat Ouvrier) élu secrétaire général de la CGTG [^63^] |
| 7 déc. 2003 | La consultation sur l'évolution statutaire de la Guadeloupe est rejetée par les électeurs [^53^] |
## 2008-2025 : le LKP et ses suites
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 déc. 2008 | Constitution du LKP, collectif d'une cinquantaine d'organisations, à l'appel de l'UGTG [^17^][^25^] |
| 20 janv. 2009 | Début de la grève générale de 44 jours [^17^] |
| 14 fév. 2009 | Jusqu'à 50 000 manifestants à Pointe-à-Pitre [^32^] |
| 17-18 fév. 2009 | Mort de Jacques Bino, tué par balle à Pointe-à-Pitre [^26^] |
| 22 fév. 2009 | Obsèques nationales de Jacques Bino [^26^] |
| 26 fév. 4 mars 2009 | « Accord Jacques Bino » (200 € pour les bas salaires) puis accord général en 165 points : fin de la grève [^19^][^17^] |
| 2012-2014 | Ruddy Alexis, accusé du meurtre de Bino, acquitté en première instance puis en appel [^26^] |
| 15 nov. 2021 | Grève générale contre l'obligation vaccinale, à l'appel de l'UGTG et d'un collectif ; émeutes, couvre-feu [^40^][^37^] |
| 26 nov. 2021 | Le ministre Sébastien Lecornu se dit prêt à « parler d'autonomie » de la Guadeloupe [^39^] |
| 31 mars 2022 | Fin de la révolte de 2021-2022 et de l'état d'urgence sanitaire [^39^] |
| 2 déc. 2023 | Cinquantenaire de l'UGTG [^21^] |
| mars 2024 | Quinze ans de l'accord du 4 mars 2009 : le LKP dénonce le « statu quo colonial » [^78^] |
| 2025 | L'Union africaine adopte une résolution sur les réparations, saluée par le CIPN [^87^] |
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[^2^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/les-nuits-bleues-de-1983-un-episode-de-l-histoire-de-guadeloupe-entre-explosions-et-comba-pour-l-independance-1642942.html
[^6^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/nuits-bleues-il-y-a-39-ans-luc-reinette-s-evadait-de-la-prison-de-basse-terre-1497737.html
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^10^]: https://www.france-politique.fr/wiki/Union_Populaire_pour_la_Lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe_(UPLG)
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^12^]: https://www.liberation.fr/debats/2018/04/02/en-guadeloupe-mai-68-est-tombe-en-67-et-il-a-ete-occulte_1640535/
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^16^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
[^17^]: https://combat-ouvrier.com/2026/03/19/co-n1367-14-mars-2026-guadeloupe-il-y-a-17-ans-laccord-du-4-mars-et-laccord-bino/
[^19^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/accord-du-4-mars-2009-tout-est-a-faire-parce-que-rien-n-a-ete-fait-depuis-la-greve-generale-du-lkp-selon-elie-domota-1469856.html
[^20^]: https://www.madinin-art.net/le-cinquantenaire-de-lugtg/
[^21^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/50eme-anniversaire-de-l-ugtg-l-histoire-de-la-creation-de-cette-centrale-syndicale-racontee-par-rosan-mounien-1447868.html
[^25^]: http://lacgtg.com/notre-histoire/la-greve-generale-de-2009/
[^26^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/lkp-mort-jacques-bino-devenu-symbole-du-mouvement-lkp-681109.html
[^32^]: https://www.jssj.org/issue/septembre-2009-espace-public/
[^34^]: https://combat-ouvrier.com/2025/12/20/co-n1362-20-decembre-2025-historique-episode-3-combat-ouvrier-et-les-luttes-des-annees-1970-en-guadeloupe-et-en-martinique/
[^37^]: https://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/crise-sanitaire-et-contestations-en-guadeloupe
[^38^]: https://combat-ouvrier.com/historique-co/
[^39^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises
[^40^]: https://www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/greve-contre-l-obligation-vaccinale-en-guadeloupe-deux-pompiers-blesses-lors-d-incidents-a79ca11a-46b2-11ec-ac28-0bb94b895f88
[^43^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvman_Gwadloup%C3%A9yen
[^44^]: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/gp-independantistes.htm
[^46^]: https://www.rfi.fr/fr/musique/20230221-carnaval-des-antilles-akiyo-haut-parleur-du-peuple-guadeloup%C3%A9en
[^47^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_lib%C3%A9ration_arm%C3%A9e
[^48^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Akiyo
[^50^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/11/19/une-radio-independantiste-en-guadeloupe_2726572_1819218.html
[^53^]: https://caraibcreolenews.com/guadeloupe-politique-lautonomie-on-sel-chimen/
[^54^]: https://www.union-communiste.org/en/1991-11/guadeloupe-apres-la-scission-au-sein-du-parti-communiste-guadeloupeen-2861
[^63^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_travail_de_Guadeloupe
[^64^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/fevrier-mars-avril-1968-proces-qui-ont-marque-guadeloupe-564093.html
[^67^]: https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^71^]: https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article44927
[^77^]: https://www.cipngp.com/
[^78^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/vie-chere-aux-antilles-le-lkp-pointe-du-doigt-le-colonialisme-et-le-capitalisme-1519988.html
[^81^]: https://www.senat.fr/rap/1989-1990/i1989_1990_0112.pdf
[^83^]: https://www.mmoe.llc.ed.ac.uk/fr/association/comit%C3%A9-international-des-peuples-noirs
[^84^]: https://www.universalis.fr/evenement/3-8-juillet-1989-amnistie-pour-les-seuls-independantistes-antillais/
[^87^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/reparations-enfin-la-jonction-des-peuples-d-afrique-d-amerique-et-des-caraibes-pour-un-meme-combat-se-rejouit-le-comite-international-des-peuples-noirs-cipn-1598115.html
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titre: "Le contexte : la Guadeloupe après 1968"
chapeau: "Répression et exil après les procès de 1968, héritage idéologique du GONG, contexte international de la décolonisation et précurseurs du mouvement."
ordre: "1"
---
## Le coup d'arrêt de 1967-1968
Les événements de mai 1967 — grève des ouvriers du bâtiment, fusillade du 26 mai à Pointe-à-Pitre où tombe Jacques Nestor, militant du GONG, puis répression généralisée — constituent le traumatisme fondateur de l'après-GONG. Le bilan officiel fait état de 7 à 8 morts, mais les estimations des historiens et des témoins vont jusqu'à 80, voire 200 victimes ; les archives de l'époque restent lacunaires et le chiffre exact est toujours inconnu [^12^][^16^]. Arrestations massives, perquisitions et saisies de matériel décapitent l'organisation : des militants sont tués lors des émeutes, d'autres passent à la clandestinité totale ou prennent le chemin de l'exil [^16^].
Les deux procès de 1968 parachèvent la défaite tout en constituant, paradoxalement, une victoire politique. En février, devant la Cour de sûreté de l'État à Paris, dix-neuf Guadeloupéens répondent d'« atteinte à l'intégrité du territoire national » pour leur propagande indépendantiste ; Sartre, Aimé Césaire et des représentants de la LDH viennent témoigner en leur faveur. Le 1er mars 1968, le jugement est clément : treize acquittements, six peines avec sursis (Serge Glaude, Claude Makouke, Pierre Sainton, Louis Théodore, Georges Baden, Rémy Flessel) ; tous seront amnistiés le 30 juin 1969 [^67^][^71^]. En avril, à Pointe-à-Pitre, le procès des « émeutiers » se tient dans une ville encore marquée par la peur [^12^]. « Le GONG est décapité », exulte alors *France-Antilles* [^71^]. De fait, l'organisation cesse toute activité sur le territoire : le mouvement indépendantiste naissant semble anéanti [^64^].
## L'héritage du GONG : cadres, mémoire, matrice idéologique
L'écrasement de l'organisation ne signifie pas la disparition de son héritage. Trois legs vont structurer tout l'après-1968.
**Des cadres formés.** Le GONG avait agrégé une génération d'étudiants et de jeunes travailleurs, formés à l'analyse marxiste-léniniste et rompus à l'action clandestine. Ces militants ne disparaissent pas : ils se reconvertissent. Ce sont eux — associés à des exclus du PCG de la scission de 1966-1967, qui reprochaient au parti sa modération sur la question coloniale — qui vont animer, au tournant des années 1970, le « syndicalisme national » de l'UTA puis de l'UGTG [^62^][^8^].
**Une matrice idéologique.** Le vocabulaire forgé par le GONG — « peuple guadeloupéen », « pouvoir colonial », « indépendance nationale », refus des « urnes colonialistes » — devient la langue commune de toute la mouvance patriotique. L'UPLG, fondée en 1978, se présente ouvertement comme issue du GONG [^9^][^15^].
**Un mythe fondateur.** Mé 67 devient, dans la mémoire patriotique, la preuve que l'État français est prêt à tirer sur la population pour conserver la Guadeloupe. Quarante ans plus tard, l'ouverture des archives sur les tueries de mai 1967 figurera encore dans les revendications du LKP lors de la grève de 2009 [^68^].
## Le contexte international : décolonisation, guerre froide, Cuba
L'indépendantisme guadeloupéen de l'après-1968 ne pense pas son combat en vase clos. La conférence tricontinentale de La Havane (janvier 1966), où une résolution en faveur de l'indépendance de la Guadeloupe avait été adoptée, avait déjà inscrit le GONG dans le mouvement de solidarité anti-impérialiste ; la révolution cubaine et l'action du Che Guevara servaient de modèles à toute une génération de militants anticolonialistes [^12^]. L'avocat martiniquais Marcel Manville, défenseur du GONG aux procès de 1968, participa personnellement à la Tricontinentale [^59^].
Dans les années 1970-1980, ce contexte évolue : l'accès à l'indépendance des petits territoires caribéens (Grenade 1974, Dominique 1978, Sainte-Lucie 1979, Saint-Vincent 1979, Antigua 1981, Saint-Christophe 1983) transforme la Guadeloupe en anomalie géopolitique — une « colonie » entourée d'États indépendants. La révolution grenadine de 1979, avec le New Jewel Movement de Maurice Bishop, exerce une fascination réelle sur les militants antillais. L'UPLG tente à partir de 1981 de saisir le Comité de décolonisation de l'ONU — et découvre, comme le FLNKS kanak avant elle, que la cause guadeloupéenne y est à peine connue [^44^].
## Les précurseurs : Delgrès, le Front antillo-guyanais, l'AGEG
La filiation revendiquée par les organisations de l'après-1968 remonte plus haut que le GONG. **Louis Delgrès**, mort en 1802 lors de la résistance au rétablissement de l'esclavage, demeure la figure tutélaire de la résistance guadeloupéenne — le rouge des tee-shirts du LKP en 2009 était explicitement choisi en référence aux insurgés de 1802 [^30^].
Le **Front antillo-guyanais pour l'autonomie** (FAG), fondé en 1961 à Paris par Édouard Glissant, Albert Béville (plus connu sous son nom de plume Paul Niger), Justin Catayée, Paul Niger... — immédiatement dissous par le pouvoir gaulliste — est le chaînon direct entre l'autonomisme communiste et l'indépendantisme [^56^][^68^]. Albert Béville, administrateur colonial devenu anticolonialiste, définissait l'assimilation comme « le stade suprême de la colonisation » ; il meurt dans un accident d'avion en juin 1962, un an avant la naissance du GONG [^68^].
L'**AGEG** (Association générale des étudiants guadeloupéens) et le **CPNJG** (Comité populaire et national de la jeunesse guadeloupéenne), nés dans le milieu étudiant de Paris, forment la pépinière où le GONG recrute [^55^][^71^]. C'est de cette constellation — communisme autonomiste du PCG (1958), radicalisation étudiante (AGEG, CPNJG, journal *La Vérité*), clandestinité du GONG — que sortira, après 1968, la deuxième génération indépendantiste.
## L'arrière-plan social : la crise des années 1970
La recomposition du mouvement se fait sur fond de crise structurelle. La départementalisation de 1946 n'a pas égalisé les droits : salaires inférieurs à ceux de l'Hexagone, chômage de masse (on parlera de 50 000 chômeurs au début des années 1970), dépendance à la canne à sucre en déclin, émigration organisée par le Bumidom [^34^][^68^]. Le Bumidom (Bureau des migrations des DOM, 1963-1981), qui canalise des dizaines de milliers de Guadeloupéens vers l'Hexagone, est dénoncé par les patriotes comme un instrument de « dépeuplement » et de « génocide culturel ».
C'est dans ce creuset que naît la grande séquence des grèves agricoles (1971, 1973, 1975), menées par l'UTA contre les usiniers et les grands propriétaires békés, qui va remettre en cause — au-delà des salaires — la présence française elle-même [^8^]. La « revendication nationale » émerge ainsi non pas d'abord dans les partis, mais dans les champs de canne : c'est là le grand fait de l'après-1968.
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[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^12^]: https://www.liberation.fr/debats/2018/04/02/en-guadeloupe-mai-68-est-tombe-en-67-et-il-a-ete-occulte_1640535/
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^16^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
[^30^]: https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
[^34^]: https://combat-ouvrier.com/2025/12/20/co-n1362-20-decembre-2025-historique-episode-3-combat-ouvrier-et-les-luttes-des-annees-1970-en-guadeloupe-et-en-martinique/
[^44^]: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/gp-independantistes.htm
[^55^]: https://maitron.fr/girard-rosan/
[^56^]: https://outremermemory.com/marcel-manville/
[^59^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Manville
[^62^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-le-parti-communiste-guadeloupeen.html
[^64^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/fevrier-mars-avril-1968-proces-qui-ont-marque-guadeloupe-564093.html
[^67^]: https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^71^]: https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article44927
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titre: "Culture, médias et héritage"
chapeau: "Akiyo et le gwo-ka, Radio-Unité, Lendépandans, le CIPN et les réparations : la place de l'indépendantisme aujourd'hui."
ordre: "6"
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## Le réveil culturel : Akiyo et le gwo-ka
L'indépendantisme de l'après-1968 n'est pas seulement politique et syndical : il est aussi une révolution culturelle. Son emblème est **Akiyo**, né en 1978-1979 de la volonté des frères Nankin — « à tendances indépendantistes » — et d'autres jeunes passionnés de gwo-ka, dont le tanbouyé légendaire Vélo (Marcel Lollia, mort en 1984), de « redonner le carnaval au peuple » : fini le satin et les plumes importés, place aux tambours à peaux, aux masques traditionnels, au « mas a Senjan » des laissés-pour-compte [^46^][^48^].
Constitué en association « Mouvman kiltirèl » en 1984, Akiyo est traversé par la politique sans jamais en devenir l'outil : « Nous ne serons jamais le bras culturel de qui que ce soit, ni MPGI ni UPLG », explique son président Michel Halley, alors même que des membres du groupe militent au MPGI — Joël Nankin passe six ans en prison (1983-1989) [^49^][^48^]. En 1985, l'interdiction du groupe par le sous-préfet pour « atteinte à l'intégrité de l'État français » — Akiyo paradait en kaki et casques coloniaux, en dérision de l'oppression — soulève 8 000 personnes dans les rues ; le sous-préfet est rappelé dans l'Hexagone [^48^].
En 2009, la boucle est bouclée : Akiyo est à l'origine, aux côtés de l'UGTG, de la formation du LKP, et ses percussionnistes entourent de gwo-ka les négociations nocturnes. Jacques Bino, le syndicaliste tué pendant la grève, était lui-même joueur de ka [^48^].
## Les médias militants
### Gong-Information et Révolution Caraïbe (héritage GONG)
Les publications du GONG — *Gong-Information*, « Journal du Patriote Guadeloupéen » imprimé en Belgique avec le soutien de communistes belges prochinois, et *Révolution Caraïbe*, distribué dans les quartiers populaires — constituent la matrice médiatique du mouvement [^80^][^16^]. Elles sont présentées en détail dans le dossier principal du site.
### Lendépandans (UPLG)
Dans les années 1980, *Lendépandans* est le journal de l'UPLG et le principal organe de la mouvance nationaliste. Un article de mars 1985, « Guadeloupéennes avant d'être femmes », montre que le débat sur l'articulation entre libération nationale, race et genre y existait déjà — de manière « avant-gardiste » pour l'époque, note l'historiographie récente [^4^].
### Radio-Unité (1981)
Le 8 novembre 1981, des militants du GLA lancent Radio-Unité, deuxième radio libre de Guadeloupe après Radio-Bis : « radio de combat » émettant illégalement en FM de 7 h à 14 h, essentiellement en créole, dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de Pointe-à-Pitre, et principalement animée par Luc Reinette [^50^][^45^]. L'épisode est emblématique : la radio libre devient, un temps, l'arme médiatique de la mouvance armée.
### Combat Ouvrier (depuis 1971)
Le journal trotskyste *Combat Ouvrier*, né le 24 mai 1971, paraît sans interruption jusqu'à aujourd'hui ; ses « historiques » constituent, avec le recul, une source de premier plan — critique mais informée — sur toute la mouvance [^38^][^34^].
## L'héritage aujourd'hui
### Une continuité GONG → UTA/UGTG → UPLG → LKP
Le fil qui court de 1963 à nos jours est d'abord organisationnel : cadres du GONG → syndicalisme national (UTA 1970, UGTG 1973) → parti indépendantiste (UPLG 1978) → collectif social et culturel (LKP 2008). Chaque génération a changé de forme sans renier la revendication : « le droit du peuple guadeloupéen à disposer de lui-même ».
### Une continuité idéologique : l'anticolonialisme populaire
La deuxième continuité est celle du répertoire : le créole comme langue de lutte (Radio-Unité, slogans du LKP), le gwo-ka comme musique de résistance, la figure du marron (le « marronnage » de Reinette), la mémoire de Delgrès et de 1802 (le rouge des tee-shirts LKP), et la dénonciation du « statu quo colonial » [^11^][^30^][^78^].
### Des débats toujours ouverts
**Indépendance ou autonomie ?** Le clivage structure toujours le champ : PCG, PPDG, ANG, CIPPA et même le GUSR (« domiciliation du pouvoir ») défendent des formes d'autonomie ; la mouvance nationaliste historique maintient le cap de la souveraineté [^53^]. Le rejet de la consultation statutaire du 7 décembre 2003 a figé le débat institutionnel — avant que la crise de novembre 2021 ne le rouvre brutalement avec la déclaration de Sébastien Lecornu [^39^].
**L'indépendantisme électoral reste faible** (5 à 8 % aux régionales de 1992-1993 au mieux) [^10^], mais l'anticolonialisme de fond déborde largement les partis : il irrigue le syndicalisme majoritaire, la culture carnavalesque, les mobilisations contre la vie chère et la défiance sanitaire. En 2021-2022, la révolte contre l'obligation vaccinale a montré que le répertoire national — peuple, domination, méfiance envers l'État — reste la grammaire spontanée des crises guadeloupéennes [^37^].
**La mémoire enfin.** Le CIPN a déplacé le combat vers le terrain des réparations : reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité, Mémorial ACTe (dont il lance l'idée en 1998), et désormais jonction avec l'Union africaine et le CARICOM [^83^][^87^]. C'est, dans une autre forme, la poursuite du combat du GONG : faire reconnaître le peuple guadeloupéen comme sujet d'histoire.
## Pour aller plus loin : principales sources
| Type | Référence |
|---|---|
| Travail académique | Manuel Gisler, *Naissance du syndicalisme national guadeloupéen : 1970-1978*, maîtrise, Paris 1, 1986 [^8^] |
| Article académique | « Articuler nationalisme anticolonial et féminisme en Guadeloupe », *Parlement[s]*, 2025 [^4^] |
| Article académique | « 2009, la lutte contre la pwofitasyon », in *Colonisations*, PUF [^18^] |
| Documentaire | *Les Nuits bleues de l'indépendance*, Jean-Philippe Pascal et Viannay Sotès, 2022 [^7^][^36^] |
| Podcast | « Luc Reinette, itinéraire d'un indépendantiste guadeloupéen », *La Fabrique de l'Histoire*, France Culture, 2016 [^14^] |
| Presse de référence | Guadeloupe La 1ère, France-Antilles, RCI, *Le Monde* (archives) |
| Témoignages | Rosan Mounien (UGTG), Serge Glaude, *Le Gong c quoi ?* (GONG), *Vacarme* (entretien Akiyo, 1997) [^21^][^65^][^49^] |
| Institutions | Rapport parlementaire sur les événements de mai 1967 (Vie publique, 2015) [^67^] |
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[^4^]: https://shs.cairn.info/revue-parlements-2025-1-page-200?lang=fr
[^7^]: https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/39760667
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^10^]: https://www.france-politique.fr/wiki/Union_Populaire_pour_la_Lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe_(UPLG)
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^14^]: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/luc-reinette-itineraire-d-un-independantiste-guadeloupeen-1383822
[^16^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
[^18^]: https://shs.cairn.info/colonisations--9782021494150-page-103?lang=fr
[^21^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/50eme-anniversaire-de-l-ugtg-l-histoire-de-la-creation-de-cette-centrale-syndicale-racontee-par-rosan-mounien-1447868.html
[^30^]: https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
[^34^]: https://combat-ouvrier.com/2025/12/20/co-n1362-20-decembre-2025-historique-episode-3-combat-ouvrier-et-les-luttes-des-annees-1970-en-guadeloupe-et-en-martinique/
[^36^]: https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/les-nuits-bleues-de-l-independance-un-documentaire-qui-retrace-l-histoire-de-la-lutte-armee-aux-antilles-francaises-1318156.html
[^37^]: https://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/crise-sanitaire-et-contestations-en-guadeloupe
[^38^]: https://combat-ouvrier.com/historique-co/
[^39^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises
[^45^]: https://www.schoop.fr/ficheradio.php?id_radio=5187
[^46^]: https://www.rfi.fr/fr/musique/20230221-carnaval-des-antilles-akiyo-haut-parleur-du-peuple-guadeloup%C3%A9en
[^48^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Akiyo
[^49^]: https://vacarme.org/article894.html
[^50^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/11/19/une-radio-independantiste-en-guadeloupe_2726572_1819218.html
[^53^]: https://caraibcreolenews.com/guadeloupe-politique-lautonomie-on-sel-chimen/
[^65^]: https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/politique/serge-glaude-conte-lhistoire-du-gong-234938.php
[^67^]: https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
[^78^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/vie-chere-aux-antilles-le-lkp-pointe-du-doigt-le-colonialisme-et-le-capitalisme-1519988.html
[^80^]: https://gong.gp/publications/
[^83^]: https://www.mmoe.llc.ed.ac.uk/fr/association/comit%C3%A9-international-des-peuples-noirs
[^87^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/reparations-enfin-la-jonction-des-peuples-d-afrique-d-amerique-et-des-caraibes-pour-un-meme-combat-se-rejouit-le-comite-international-des-peuples-noirs-cipn-1598115.html
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titre: "Les événements majeurs"
chapeau: "Huit dossiers : grèves de la canne, naissance de l'UPLG, « Nuits bleues », évasion de 1985, amnistie de 1989, grève du LKP, mort de Jacques Bino, crise de novembre 2021."
ordre: "5"
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## 1. Les grèves de la canne (1971-1978) : la revendication nationale sort des champs
Au début des années 1970, la Guadeloupe vit au rythme des grèves des ouvriers agricoles de la canne, « ces oubliés de l'histoire » : 1971, 1973, puis la très dure grève de 1975 [^8^]. À la tête du mouvement, l'UTA, premier syndicat guadeloupéen indépendant des centrales françaises, animée par des intellectuels révolutionnaires implantés en milieu paysan [^8^][^68^]. Les enjeux sont d'abord économiques — salaires de misère, paiement à la tâche, canne vendue « à la richesse saccharine » et non au poids — mais l'affrontement avec les usiniers et les grands propriétaires békés, et la présence des « képis rouges » patrouillant armés dans les champs, politisent le conflit jusqu'à la remise en cause de la présence française [^34^].
Cette séquence fonde le « syndicalisme national » : l'idée que la lutte des travailleurs guadeloupéens est indissociable de la question nationale. Elle débouche sur la création de l'UGTG (1973), sur une réforme foncière, et prépare le terrain politique de l'UPLG (1978) [^68^][^8^].
## 2. La fondation de l'UPLG (décembre 1978) : le GONG renaît en parti politique
Dix ans après la disparition du GONG, l'UPLG est fondée en décembre 1978 par d'anciens du GONG — parmi lesquels Lucien Perrutin et Jean Barfleur — comme son évolution sur le terrain politique [^15^]. Le parti s'appuie sur l'aura conquise par l'UTA et l'UGTG dans les luttes paysannes et ouvrières ; ses cadres — médecins, avocats, architectes, enseignants — se présentent comme les défenseurs des petits paysans et des ouvriers agricoles face aux sociétés sucrières françaises et aux propriétaires békés [^9^].
L'UPLG refuse d'abord toute participation aux élections « françaises », dont elle conteste la légitimité — fidélité à la ligne du GONG de « briser les urnes colonialistes ». C'est ce boycott que le parti abandonnera au début des années 1990, au prix d'une dispersion de la mouvance nationaliste [^9^].
## 3. Les « Nuits bleues » (1980-1987) : la décennie armée
Entre 1980 et 1987, le GLA puis l'ARC perpètrent une centaine d'attentats à l'explosif, principalement en Guadeloupe mais aussi en Martinique, en Guyane et dans l'Hexagone ; une dizaine de morts sont liées directement ou indirectement à ces actions [^7^][^6^]. Les cibles sont symboliques : bâtiments publics, préfecture, palais de justice, gendarmeries, médias (France 3, Radio Caraïbe Internationale), intérêts économiques [^2^][^47^].
La nuit du 13 au 14 novembre 1983 concentre l'image de cette époque : six attentats simultanés à travers l'archipel, une voiture piégée dans la cour de la préfecture de Basse-Terre faisant une vingtaine de blessés dont dix graves, les studios de RCI entièrement détruits après évacuation [^2^]. Les médias baptisent ces années les « Nuits bleues ». En décembre 1983, neuf membres de l'ARC sont inculpés ; le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre annonce des mesures fermes [^2^]. La population vit alors entre « la fierté de certains de se dresser contre l'État, la solidarité, mais aussi la peur face aux bombes » [^36^].
Le 24 juillet 1984, le drame frappe le camp indépendantiste lui-même : quatre membres de l'UPLG meurent à Pointe-à-Pitre dans l'explosion des charges qu'ils préparaient [^15^]. Le 27 novembre 1984, Luc Reinette est arrêté lors d'un simple contrôle de routine, après un an de « marronnage » [^11^].
## 4. Le procès et l'évasion de 1985
En février 1985, le procès de six militants s'ouvre à Pointe-à-Pitre pour les attentats du 14 novembre 1983, tandis que des sympathisants manifestent devant le palais de justice [^2^]. Luc Reinette, jugé pour un attentat meurtrier attribué à l'ARC — dont il nie la responsabilité — et pour transport d'armes, est condamné à douze ans, peine portée à vingt-trois ans en appel [^11^].
Le dimanche 16 juin 1985, jour de la fête des pères, Reinette et trois camarades s'évadent de la prison de Basse-Terre [^6^]. Pendant deux ans, ils poursuivent la lutte en clandestinité, tentant même d'établir depuis le Guyana un « gouvernement provisoire guadeloupéen ». Le 21 juillet 1987, ils sont arrêtés lors d'une escale à Saint-Vincent-et-les-Grenadines et rapatriés [^11^][^36^].
## 5. L'amnistie de 1989 : « pardonner le passé pour préserver l'avenir »
Exclus de la loi d'amnistie générale de juillet 1988, les neuf détenus de l'ex-ARC bénéficient d'une loi spécifique : le 5 juin 1989, l'Assemblée adopte en première lecture, par 304 voix contre 221, le projet du gouvernement et les propositions d'Ernest Moutoussamy (app. PC, Guadeloupe) et de Louis Mermaz, amnistiant les infractions commises avant le 14 juillet 1988 « en relation avec une entreprise tendant à soustraire à l'autorité de la République le département de la Guadeloupe » [^85^]. Le texte, étendu à la Martinique, est adopté le 3 juillet ; la loi du 10 juillet 1989 entraîne la libération de Reinette et de ses camarades le 12 juillet [^84^][^81^][^11^].
Le garde des Sceaux Pierre Arpaillange justifie le geste par l'apaisement : depuis un an, les attentats ont cessé et le courant autonomiste s'est inséré dans le débat institutionnel. La droite dénonce, elle, une négociation « avec des poseurs de bombes » (Jean-Louis Debré) [^85^]. L'amnistie marque la fin de l'ARC et clôt la décennie armée.
## 6. La grève du LKP (20 janvier 4 mars 2009) : 44 jours
Constitué le 5 décembre 2008 à l'appel de l'UGTG, le collectif LKP — une cinquantaine d'organisations — lance le 20 janvier 2009 une grève générale contre la vie chère et pour 200 euros d'augmentation des bas salaires [^17^]. Pendant 44 jours, l'économie de l'île est paralysée : piquets devant les entreprises, barrages, grève des stations-service, rassemblements nocturnes au « Bik », siège du collectif, manifestations géantes — jusqu'à 50 000 personnes à Pointe-à-Pitre le 14 février, encadrées par les tee-shirts « Sécurité LKP » [^17^][^25^][^32^].
Le conflit prend une dimension nationale et mémorielle : la chanson *La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo* fait de la revendication sociale une affirmation de peuple [^32^]. Le 6 février, le secrétaire d'État Yves Jégo concède une baisse du prix des carburants avant d'être rappelé à Paris, ce qui enflamme le mouvement ; la Martinique entre en grève générale à son tour [^17^]. La nuit du 17 au 18 février, Jacques Bino est tué. Après ses obsèques, les négociations aboutissent : l'« accord Jacques Bino » (26 février, +200 € pour les salaires jusqu'à 1,4 Smic) et l'accord général en 165 points du 4 mars mettent fin au conflit [^19^][^25^]. L'application des accords exigera ensuite de nouvelles grèves d'entreprises [^17^].
## 7. La mort de Jacques Bino (17-18 février 2009) : le martyr sans coupable
Dans la nuit du 17 au 18 février 2009, peu après minuit, Jacques Bino, 48 ans, agent fiscal et syndicaliste CGT, rentre en voiture d'un meeting du LKP lorsque des coups de feu éclatent dans une artère de Pointe-à-Pitre. Touché en pleine poitrine, il meurt ; son passager, Peter O'Brien, est indemne [^26^][^29^]. Était-il visé ? Balles perdues ? La thèse d'un « commando patronal » sera même évoquée par la défense [^29^].
Le choc est immense. Les obsèques du 22 février rassemblent des foules et l'ancienne candidate présidentielle Ségolène Royal ; le mouvement fait de Bino son martyr et donne son nom à l'accord salarial [^26^]. Mais l'enquête n'aboutit jamais : Ruddy Alexis, le seul homme inquiété, est acquitté en 2012 puis en appel en 2014. « Qui a tué Jacques Bino ? » reste une question ouverte, symbole durable de la défiance entre la Guadeloupe et l'appareil judiciaire français [^26^][^31^].
## 8. La révolte de novembre 2021 : l'écho inattendu de 2009
Le 15 novembre 2021, l'UGTG et un collectif d'organisations syndicales et citoyennes appellent à la grève générale illimitée contre l'obligation vaccinale des soignants et des pompiers et le passe sanitaire [^40^][^37^]. L'île bascule dans quinze jours d'émeutes : barrages, pillages, couvre-feu dès le 19 novembre, renforts de gendarmerie (GIGN, RAID) [^39^][^37^]. Le 26 novembre, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu annonce le report de l'obligation vaccinale et déclare — stupéfaction générale — que le gouvernement est prêt à « parler d'autonomie de la Guadeloupe » [^39^]. La révolte s'étend à la Martinique et ne s'achève qu'au printemps 2022 [^39^].
Les analystes relèvent la continuité des formes avec 2009 : mêmes pivots syndicaux (UGTG, FO, CGT), même rhétorique de la défaillance de l'État — mais, différence notable, les jeunes sont entrés d'emblée dans la violence et le LKP n'a pas joué de rôle central [^37^]. L'épisode révèle surtout la profondeur de la défiance accumulée — chlordécone, eau, hôpital délabré — qui fait de chaque conflit social guadeloupéen une crise potentiellement politique [^39^].
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[^2^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/les-nuits-bleues-de-1983-un-episode-de-l-histoire-de-guadeloupe-entre-explosions-et-comba-pour-l-independance-1642942.html
[^6^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/nuits-bleues-il-y-a-39-ans-luc-reinette-s-evadait-de-la-prison-de-basse-terre-1497737.html
[^7^]: https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/39760667
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^17^]: https://combat-ouvrier.com/2026/03/19/co-n1367-14-mars-2026-guadeloupe-il-y-a-17-ans-laccord-du-4-mars-et-laccord-bino/
[^19^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/accord-du-4-mars-2009-tout-est-a-faire-parce-que-rien-n-a-ete-fait-depuis-la-greve-generale-du-lkp-selon-elie-domota-1469856.html
[^25^]: http://lacgtg.com/notre-histoire/la-greve-generale-de-2009/
[^26^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/lkp-mort-jacques-bino-devenu-symbole-du-mouvement-lkp-681109.html
[^29^]: https://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/18/le-meurtre-de-jacques-bino-pendant-le-mouvement-du-lkp-devant-les-assises_1720403_3224.html
[^31^]: https://www.mediapart.fr/journal/france/300310/guadeloupe-qui-tue-le-syndicaliste-jacques-bino
[^32^]: https://www.jssj.org/issue/septembre-2009-espace-public/
[^34^]: https://combat-ouvrier.com/2025/12/20/co-n1362-20-decembre-2025-historique-episode-3-combat-ouvrier-et-les-luttes-des-annees-1970-en-guadeloupe-et-en-martinique/
[^36^]: https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/les-nuits-bleues-de-l-independance-un-documentaire-qui-retrace-l-histoire-de-la-lutte-armee-aux-antilles-francaises-1318156.html
[^37^]: https://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/crise-sanitaire-et-contestations-en-guadeloupe
[^39^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises
[^40^]: https://www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/greve-contre-l-obligation-vaccinale-en-guadeloupe-deux-pompiers-blesses-lors-d-incidents-a79ca11a-46b2-11ec-ac28-0bb94b895f88
[^47^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_lib%C3%A9ration_arm%C3%A9e
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^81^]: https://www.senat.fr/rap/1989-1990/i1989_1990_0112.pdf
[^84^]: https://www.universalis.fr/evenement/3-8-juillet-1989-amnistie-pour-les-seuls-independantistes-antillais/
[^85^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1989/06/07/amnistie-pour-les-independantistes-de-la-guadeloupe-et-de-la-martinique_4140661_1819218.html
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titre: "Les organisations indépendantistes et pro-indépendantistes après 1968"
chapeau: "UTA, UGTG, UPLG, MPGI, GLA, ARC, LKP, CIPN : fiches détaillées des organisations nées dans le sillage du GONG."
ordre: "2"
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## Vue d'ensemble
| Organisation | Fondation | Nature | Dirigeants notables | Lien avec le GONG |
|---|---|---|---|---|
| **UTA** (Union des travailleurs agricoles) | déc. 1970 [^8^] | Syndicat | — | Animée par d'anciens cadres du GONG et exclus du PCG [^62^] |
| **UGTG** (Union générale des travailleurs de Guadeloupe) | 2 déc. 1973 [^20^] | Centrale syndicale | Robert Mornal, Ternisien Nomertin, Rosan Mounien, Élie Domota, Maïté Hubert M'Toumo | Engagée dans « la lutte pour la libération nationale » [^21^] |
| **UPLG** (Union populaire pour la libération de la Guadeloupe) | déc. 1978 [^15^] | Parti politique indépendantiste | Lucien Perrutin, Jean Barfleur, Roland Thésauros | Se présente comme l'héritière du GONG [^9^] |
| **MUFLNG** (Mouvement pour l'unification des forces de libération nationale) | 13 déc. 1981 [^15^] | Front unitaire | — | Créé à l'initiative de l'UPLG |
| **MPGI** (Mouvement populaire pour une Guadeloupe indépendante) | 1981 [^44^] | Organisation politique clandestine | Luc Reinette | Même matrice patriotique |
| **GLA** (Groupe de libération armée) | 1980 [^47^] | Groupe armé | Luc Reinette | — |
| **ARC** (Alliance révolutionnaire caraïbe) | 1983 [^5^] | Groupe armé (Guadeloupe, Martinique, Guyane) | Luc Reinette | — |
| **LKP** (Liyannaj Kont Pwofitasyon) | 5 déc. 2008 [^17^] | Collectif d'une cinquantaine d'organisations | Élie Domota (porte-parole) | Regroupe l'héritage syndical et culturel du mouvement |
| **CIPN** (Comité international des peuples noirs) | 4 fév. 1992 [^77^] | Association mémoire et réparations | Luc Reinette, Jacqueline Jacqueray | Fondé par le chef historique de l'ARC |
| **Akiyo** (Mouvman kiltirèl) | 1978-1979 [^46^] | Mouvement culturel | frères Nankin, Vélo, Michel Halley | Des membres au MPGI ; cofondateur du LKP [^49^] |
## Le « syndicalisme national » : UTA et UGTG
### L'UTA (décembre 1970)
L'Union des travailleurs agricoles est fondée en décembre 1970 par une poignée d'intellectuels révolutionnaires implantés en milieu paysan, et constitue le premier syndicat guadeloupéen non affilié à une centrale française [^8^][^68^]. À partir de revendications économiques — salaires, prix de la tonne de canne —, elle remet fondamentalement en cause la présence française en Guadeloupe : c'est le passage de la lutte sociale à la revendication nationale, auquel prend part « une fraction importante de la population » [^8^]. L'UTA déclenche et dirige les grandes grèves de la canne de 1971 à 1978, face aux usiniers et aux propriétaires békés [^9^].
L'historien Manuel Gisler a consacré sa maîtrise (Paris 1, 1986) à cette « naissance du syndicalisme national guadeloupéen » : il montre comment le réancrage culturel, l'affirmation identitaire et l'aspiration à la souveraineté naissent de la confrontation des « agricoles » — ces oubliés de l'histoire — avec leur réalité [^8^].
### L'UGTG (2 décembre 1973)
Le 2 décembre 1973, une centaine de congressistes — pour la plupart des ouvriers agricoles de la canne, mais aussi des ouvriers d'usine et des intellectuels révolutionnaires — se réunissent dans la salle polyvalente de Baie-Mahault pour le congrès constitutif de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe. La centrale ne compte alors que deux syndicats sectoriels : l'UTA et le syndicat des ouvriers industriels de l'usine de Gardel, qui venait de démissionner collectivement de la CGTG. Robert Mornal, ouvrier de Gardel âgé de 26 ans, est élu premier secrétaire général [^20^][^21^].
Dès sa création, l'UGTG se définit à la fois comme « syndicat de la classe ouvrière guadeloupéenne » et comme organisation « engagée dans la lutte pour la libération nationale de la Guadeloupe et pour la transformation sociale » [^21^]. Opposant son militantisme à l'indolence des syndicats traditionnels, elle implante des sections dans de nombreux secteurs et devient en quelques années la principale centrale du pays — place qu'elle conserve : aux élections prud'homales récentes, elle recueille plus de 51 % des voix [^20^][^9^]. Ses secrétaires généraux successifs sont Robert Mornal (1973-1982), Ternisien Nomertin (à partir de 1982), Rosan Mounien (1985-1993), puis Élie Domota, et enfin Maïté Hubert M'Toumo [^21^][^27^][^40^].
## L'UPLG (décembre 1978) : le parti héritier du GONG
L'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe est fondée en décembre 1978, notamment par Lucien Perrutin et Jean Barfleur, comme évolution politique du GONG et aboutissement de la dynamique UTA/UGTG [^15^][^8^]. Objectif affiché : l'indépendance de la Guadeloupe et la construction d'un État socialiste indépendant de la France [^4^]. Son journal, *Lendépandans*, est dans les années 1980 le principal organe de la mouvance nationaliste [^4^].
L'UPLG encadre les luttes des petits paysans et des ouvriers agricoles, prônant l'occupation des terres en friche, la création de coopératives et le maintien de la canne comme base de l'économie ; à l'international, elle tente en 1981 de saisir le Comité de décolonisation de l'ONU [^44^]. Le 13 décembre 1981, elle constitue le **MUFLNG** (Mouvement pour l'unification des forces de libération nationale de la Guadeloupe) pour regrouper syndicats de gauche et indépendantistes — un front concurrencé par les groupes armés alors plus actifs [^15^].
L'organisation est durement éprouvée par la période armée : le 24 juillet 1984, quatre de ses membres — l'architecte Jack Berthelot, l'infirmier psychiatrique Michel-Étienne Uranie, l'enseignant François Casimir et l'ouvrier agricole Fred Pineau — meurent à Pointe-à-Pitre dans l'explosion des bombes qu'ils manipulaient en vue d'un attentat [^15^]. En avril 1989, l'UPLG abandonne officiellement la lutte armée et organise à Port-Louis des manifestations pour la libération des prisonniers politiques, violemment réprimées [^15^].
Dans les années 1990, l'UPLG opère une reconversion électorale qui divise la mouvance : 5,49 % et 2 élus aux régionales de 1992, 7,75 % et 3 élus à la partielle de 1993 (liste conduite par Roland Thésauros) [^10^][^9^]. En juin 1993, ses dirigeants la dissolvent pour fonder le **Mouvement Guadeloupéen**, tandis qu'une autre sensibilité crée le **KLNG** (Konvwa pou Libération a Pèp Gwadloup) — deux tentatives de « second souffle » nationaliste [^9^]. Le nom UPLG réapparaît néanmoins dans des coalitions électorales en 2004 (liste commune avec le PCG, le Mouvman Gwadloupéyen et Guadeloupe Respect) et en 2010 [^10^].
## La mouvance armée : MPGI, GLA, ARC
### Le MPGI (1981)
Le Mouvement populaire pour une Guadeloupe indépendante est fondé en 1981 par Luc Reinette [^44^][^36^]. Organisation politique de la tendance « dure » de la mouvance, il sert de vitrine et de réservoir à la lutte armée. Joël Nankin, cofondateur d'Akiyo et membre du MPGI, passera six ans en prison (1983-1989) [^48^].
### Le GLA (1980-1981)
Le Groupe de libération armée, cofondé par Luc Reinette en 1980, revendique une première vague d'attentats en 1980-1981 : explosions au Raizet et à la Marina (septembre 1980), attaques de gendarmeries, de banques, de la préfecture de Basse-Terre et du Conseil général, mais aussi actions en Hexagone (palais de justice de Paris, 29 janvier 1981 ; train Roissy-Paris, 24 janvier 1981, un mort). En août 1980, le GLA lance un ultimatum sommant les « non-Guadeloupéens » de quitter l'île avant le 31 décembre [^47^]. Le groupe lance aussi la radio libre Radio-Unité (8 novembre 1981) [^50^]. Reinette est arrêté le 7 mars 1981 après une tentative d'enlèvement d'une journaliste de FR3, puis libéré le 2 juillet après une grève de la faim et un mouvement de grève générale syndical en sa faveur [^11^].
### L'ARC (1983-1989)
L'Alliance révolutionnaire caraïbe revendique à partir du 28 mai 1983 une nouvelle série d'attentats en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et dans l'Hexagone ; créée en 1983, elle est dissoute de fait en 1984 avec l'arrestation de ses cadres [^44^][^5^]. La nuit du 13 au 14 novembre 1983 — six attentats simultanés, dont une voiture piégée dans la cour de la préfecture de Basse-Terre faisant une vingtaine de blessés — marque le sommet des « Nuits bleues » [^2^]. Au total, entre 1980 et 1987, la mouvance GLA/ARC perpètre une centaine d'attentats, avec une dizaine de morts liées directement ou indirectement à ces actions [^7^][^6^]. L'UPLG apporte à l'ARC un relatif soutien [^15^]. L'aventure s'achève par les procès de 1985, l'évasion de Reinette, sa réarrestation à Saint-Vincent en 1987, puis l'amnistie du 12 juillet 1989, qui « signe la fin des actions de l'ARC » [^11^].
## Le LKP (2008) : l'héritier collectif
Le Liyannaj Kont Pwofitasyon (« union contre la profitation/exploitation outrancière ») est constitué le 5 décembre 2008, à l'appel de l'UGTG, par un collectif d'environ 48 à 50 organisations : syndicats, partis politiques, associations culturelles (dont Akiyo), écologistes, associations de consommateurs, d'agriculteurs, petites mutuelles [^17^][^25^]. Il déclenche le 20 janvier 2009 la grève générale de 44 jours, la plus importante de l'histoire sociale de la Guadeloupe contemporaine [^17^]. Sa chanson-slogan, *La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo* (« la Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n'est pas à eux »), donne au conflit social une tonalité explicitement anticoloniale [^32^].
Le LKP survit à la grève : « le mouvement n'est pas près de s'arrêter, le LKP a vocation de durer », déclare Domota en 2009 [^30^]. Le collectif, devenu discret, continue de publier des déclarations — en mars 2024, pour les quinze ans des accords, il dénonce le « statu quo colonial » et le torpillage de l'accord historique [^78^].
## Le CIPN (1992) : de la lutte armée aux réparations
Le Comité international des peuples noirs est fondé le 4 février 1992 — jour anniversaire de la première abolition de 1794 — par Luc Reinette, devenu après son amnistie un militant pacifique [^77^][^11^]. Son combat : la reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité, et des réparations morales et matérielles pour les peuples noirs d'Afrique et d'Amérique. C'est le CIPN qui lance en 1998 l'idée du Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre [^83^]. Trente-trois ans plus tard, la revendication des réparations est portée au niveau continental par l'Union africaine — « enfin la jonction des peuples d'Afrique, d'Amérique et des Caraïbes », se réjouit Reinette en 2025 [^87^].
## Les organisations voisines : autonomistes et trotskystes
### Le PCG (1958) et le PPDG (1991)
Le Parti communiste guadeloupéen, fondé le 30 mars 1958 à Capesterre-Belle-Eau, porte depuis son congrès constitutif la revendication d'un statut d'autonomie — une position combattue par l'État et par la mouvance nationaliste, qui y voyait une « trahison assimilationniste » [^53^][^58^]. Sous la pression de sa jeunesse et du regain indépendantiste, il adopte en 1989 le mot d'ordre d'indépendance [^54^]. En 1991, sa section de Pointe-à-Pitre, dirigée par Henri Bangou, fait sécession et fonde le **PPDG** (Parti progressiste démocratique guadeloupéen), d'orientation social-démocrate et autonomiste [^54^][^58^]. Dans les années 2000, le PCG appelle à la désobéissance civile pour un nouveau statut de la Guadeloupe et se rapproche de l'UGTG [^63^].
### Combat Ouvrier (1971)
Des militants trotskystes antillais, regroupés à Paris en 1965 au sein de la Ligue antillaise des travailleurs communistes, rentrent en Guadeloupe en 1971 ; le 24 mai 1971 paraît le premier numéro du journal *Combat ouvrier*, « journal communiste révolutionnaire trotskyste » [^34^][^38^]. Antinationaliste par principe, Combat Ouvrier critique le « nationalisme petit-bourgeois » de l'UPLG, tout en participant aux mêmes luttes sociales ; en janvier 2002, l'un de ses membres, Jean-Marie Nomertin, devient secrétaire général de la CGTG [^4^][^63^].
### La CGTG (1962)
La Confédération générale du travail de Guadeloupe, née en 1962 de l'autonomisation de la fédération locale de la CGT, est historiquement liée au PCG [^63^]. Non indépendantiste au sens strict, elle participe néanmoins au LKP en 2008-2009 ; c'est l'un de ses militants, Jacques Bino, qui est tué pendant la grève [^63^].
### Le Mouvman Gwadloupéyen (1997)
Fondé le 10 décembre 1997 par d'anciens militants de l'UPLG et d'autres patriotes, ce parti « autonomiste radical » articule citoyenneté, responsabilité et souveraineté. Son dirigeant Ary Broussillon remporte la mairie de Petit-Bourg en 2001 ; le parti participe à la coalition « Alternative citoyenne » aux régionales de 2004 [^43^].
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[^2^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/les-nuits-bleues-de-1983-un-episode-de-l-histoire-de-guadeloupe-entre-explosions-et-comba-pour-l-independance-1642942.html
[^4^]: https://shs.cairn.info/revue-parlements-2025-1-page-200?lang=fr
[^5^]: https://castinstone.exeter.ac.uk/database/s/fr/item/3750
[^6^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/nuits-bleues-il-y-a-39-ans-luc-reinette-s-evadait-de-la-prison-de-basse-terre-1497737.html
[^7^]: https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/39760667
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^10^]: https://www.france-politique.fr/wiki/Union_Populaire_pour_la_Lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe_(UPLG)
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^17^]: https://combat-ouvrier.com/2026/03/19/co-n1367-14-mars-2026-guadeloupe-il-y-a-17-ans-laccord-du-4-mars-et-laccord-bino/
[^20^]: https://www.madinin-art.net/le-cinquantenaire-de-lugtg/
[^21^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/50eme-anniversaire-de-l-ugtg-l-histoire-de-la-creation-de-cette-centrale-syndicale-racontee-par-rosan-mounien-1447868.html
[^25^]: http://lacgtg.com/notre-histoire/la-greve-generale-de-2009/
[^27^]: https://rci.fm/deuxiles/infos/Social/UGTG-Elie-Domota-se-succede-lui-meme
[^30^]: https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
[^32^]: https://www.jssj.org/issue/septembre-2009-espace-public/
[^34^]: https://combat-ouvrier.com/2025/12/20/co-n1362-20-decembre-2025-historique-episode-3-combat-ouvrier-et-les-luttes-des-annees-1970-en-guadeloupe-et-en-martinique/
[^36^]: https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/les-nuits-bleues-de-l-independance-un-documentaire-qui-retrace-l-histoire-de-la-lutte-armee-aux-antilles-francaises-1318156.html
[^38^]: https://combat-ouvrier.com/historique-co/
[^40^]: https://www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/greve-contre-l-obligation-vaccinale-en-guadeloupe-deux-pompiers-blesses-lors-d-incidents-a79ca11a-46b2-11ec-ac28-0bb94b895f88
[^43^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvman_Gwadloup%C3%A9yen
[^44^]: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/gp-independantistes.htm
[^46^]: https://www.rfi.fr/fr/musique/20230221-carnaval-des-antilles-akiyo-haut-parleur-du-peuple-guadeloup%C3%A9en
[^47^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_lib%C3%A9ration_arm%C3%A9e
[^48^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Akiyo
[^49^]: https://vacarme.org/article894.html
[^50^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/11/19/une-radio-independantiste-en-guadeloupe_2726572_1819218.html
[^53^]: https://caraibcreolenews.com/guadeloupe-politique-lautonomie-on-sel-chimen/
[^54^]: https://www.union-communiste.org/en/1991-11/guadeloupe-apres-la-scission-au-sein-du-parti-communiste-guadeloupeen-2861
[^58^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_guadeloup%C3%A9en
[^62^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-le-parti-communiste-guadeloupeen.html
[^63^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_travail_de_Guadeloupe
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^77^]: https://www.cipngp.com/
[^78^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/vie-chere-aux-antilles-le-lkp-pointe-du-doigt-le-colonialisme-et-le-capitalisme-1519988.html
[^83^]: https://www.mmoe.llc.ed.ac.uk/fr/association/comit%C3%A9-international-des-peuples-noirs
[^87^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/reparations-enfin-la-jonction-des-peuples-d-afrique-d-amerique-et-des-caraibes-pour-un-meme-combat-se-rejouit-le-comite-international-des-peuples-noirs-cipn-1598115.html
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titre: "Les personnes clés"
chapeau: "Luc Reinette, Élie Domota, Jacques Bino, Rosan Mounien… : les figures de l'indépendantisme guadeloupéen de 1968 à nos jours."
ordre: "3"
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## Luc Reinette (né en 1952)
Figure centrale de la mouvance armée. Ancien cadre de la société d'HLM de Guadeloupe, Luc Reinette cofonde le GLA en 1980, puis l'ARC en 1983, et fonde le MPGI en 1981 [^11^][^44^]. Arrêté une première fois le 7 mars 1981, libéré après une grève de la faim et un mouvement syndical de soutien, il anime la radio libre Radio-Unité à partir du 8 novembre 1981 [^11^][^50^]. Recherché après les « Nuits bleues » de novembre 1983, il se met en « marronnage » — terme revendiqué, en référence aux esclaves fugitifs — jusqu'à son arrestation fortuite le 27 novembre 1984. Condamné en février 1985 à douze ans de prison, portés à vingt-trois ans en appel, il s'évade de la prison de Basse-Terre le 16 juin 1985 avec trois camarades, tente d'établir un gouvernement provisoire guadeloupéen depuis le Guyana, et est repris le 21 juillet 1987 à Saint-Vincent-et-les-Grenadines [^11^]. Amnistié le 12 juillet 1989, il poursuit un combat pacifique : il fonde le CIPN en 1992, dont il est toujours président-fondateur [^11^][^87^]. En avril 2021, il fait l'objet d'un rappel à la loi pour « incitation à la haine » après une tribune, recevant de nombreux soutiens, dont celui de la CGTG [^11^]. « Je suis un patriote. C'est le combat de toute une vie », déclare-t-il en 2015 [^82^].
## Élie Domota (né en 1963)
Né à Bas-du-Bourg, quartier populaire de Basse-Terre, troisième d'une famille de six enfants, Élie Domota milite à la Jeunesse ouvrière chrétienne dès 14 ans. Formé en Hexagone (DUT de gestion, AES, urbanisme à Limoges), il rentre en Guadeloupe en 1991 et devient directeur adjoint de l'ANPE de Morne-à-l'Eau [^33^][^30^]. Secrétaire général de l'UGTG — reconduit pour un quatrième mandat en 2017, une longévité sans précédent — il est le porte-parole du LKP pendant la grève générale de 2009, qui fait de lui une figure connue dans toute la France [^27^][^23^]. Sa formule de février 2009 — la Guadeloupe « ne se laissera pas rétablir l'esclavage par une poignée de patrons békés » — cristallise la dimension anticoloniale du conflit [^33^].
## Jean-Marie Nomertin (né en 1965)
Membre du groupe trotskyste Combat Ouvrier, Jean-Marie Nomertin dirige la CGTG-Banane avant d'être élu, en janvier 2002, secrétaire général de la CGTG, succédant à Claude Morvan (1975-2002) ; il est sans cesse réélu depuis (quatrième mandat en 2013, réélu au XVIe congrès en 2022) [^63^][^66^][^70^]. En février 2009, c'est lui qui fait voter par 4 000 personnes la continuation de la grève du LKP après la mort de Jacques Bino [^17^]. À ne pas confondre avec Ternisien Nomertin, dirigeant historique de l'UGTG dans les années 1970-1980.
## Rosan Mounien
Ouvrier agricole, membre fondateur de l'UGTG au congrès de Baie-Mahault du 2 décembre 1973, Rosan Mounien en est le secrétaire général de 1985 à 1993 [^21^]. Il est l'un des grands témoins et théoriciens du syndicalisme national : « Il y a une seule lutte qui a tout à la fois une dimension sociale, une dimension culturelle et aussi une dimension politique », écrit-il à propos de la crise de 2009 [^21^].
## Jacques Bino (1960-2009)
Agent fiscal, représentant syndical de la CGT Guadeloupe aux Impôts, joueur de tambour ka au sein d'Akiyo, Jacques Bino est tué par balle dans la nuit du 17 au 18 février 2009, à Pointe-à-Pitre, alors qu'il rentre d'un meeting du LKP [^26^][^48^]. Ses obsèques, le 22 février, rassemblent une foule immense ; l'accord salarial du 26 février 2009, qui octroie 200 euros aux bas salaires, est baptisé « accord Jacques Bino » en son hommage [^26^][^28^]. Son meurtre n'a jamais été élucidé : Ruddy Alexis, soupçonné, a été acquitté en première instance (2012) comme en appel (2014) [^26^].
## Henri Bangou (1922-2023)
Médecin, maire de Pointe-à-Pitre de 1965 à 2008 et sénateur (1986-1991), Henri Bangou est le principal dirigeant du PCG pendant des décennies. En septembre 1991, il conduit la scission de la section pointoise qui fonde le PPDG, parti autonomiste d'orientation social-démocrate [^54^]. Figure de l'autonomisme de gouvernement, il illustre la voie institutionnelle de la « question nationale » guadeloupéenne, par opposition à la voie indépendantiste.
## Rosan Girard (1913-2001)
Médecin du Moule, député de la Guadeloupe (1946-1958), Rosan Girard est le fondateur du PCG et son premier secrétaire général (1958-1964). C'est lui qui fait adopter en 1956-1958 le tournant autonomiste du mouvement communiste guadeloupéen, contre l'assimilation défendue jusque-là [^55^]. Exclu de la direction du parti dans les années 1960, il voit sa gauche le dépasser : c'est dans le mouvement étudiant qu'il avait contribué à politiser que naissent l'AGEG, le CPNJG puis le GONG [^55^].
## Hégésippe Ibéné (1907-1989)
Avocat, cofondateur en 1944 du mouvement communiste guadeloupéen au sein de la fédération du PCF, Hégésippe Ibéné est député PCG de la Guadeloupe de 1973 à 1978 [^58^]. Représentant de la génération autonomiste d'après-guerre, il incarne le courant que les indépendantistes de l'après-1968 critiqueront comme trop modéré.
## Marcel Manville (1922-1998)
Avocat martiniquais au barreau de Paris, ami de Frantz Fanon, Marcel Manville est présent à presque toutes les barres anticolonialistes de l'après-guerre : les seize de Basse-Pointe, le FLN, et, en 1968, la défense des militants du GONG aux procès de Paris et de Pointe-à-Pitre [^56^][^59^]. Cofondateur du Front antillo-guyanais (1961), interdit de séjour aux Antilles de 1961 à 1966, il évolue vers l'indépendantisme et cofonde en Martinique le PKLS (Parti communiste pour l'indépendance et le socialisme, 1984). Il organise en 1992 le « procès de Christophe Colomb » et lance la campagne pour la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité, préfigurant la loi Taubira [^59^].
## Albert Béville, dit Paul Niger (1915-1962)
Précurseur de tous ces mouvements : administrateur des colonies en Afrique devenu anticolonialiste, poète sous le nom de Paul Niger, Albert Béville cofonde en 1961 le Front antillo-guyanais pour l'autonomie. Il définit l'assimilation comme « le stade suprême de la colonisation » et meurt dans un accident d'avion en juin 1962, alors qu'il se rend en Guadeloupe — un an avant la naissance du GONG, dont la fondation s'inscrit dans son sillage [^68^].
## Les figures-ponts avec le GONG
Plusieurs membres du GONG condamnés ou poursuivis en 1968 restent des témoins actifs de la période : **Serge Glaude**, cofondateur du GONG, auteur de *Le Gong c quoi ?* (2018) et membre du Collectif des patriotes guadeloupéens (COPAGUA) ; **Claude Makouke**, jugé à Paris en 1968 ; **Louis Théodore**, seul accusé à être resté en marronnage pendant toute l'instruction [^65^][^64^][^71^]. Leur parole, recueillie au fil des commémorations, relie directement le dossier du GONG à cette histoire de l'après-1968.
## Maïté Hubert M'Toumo
Secrétaire générale de l'UGTG au début des années 2020, elle est l'une des figures de la crise de novembre 2021, dénonçant comme « provocation » les arrestations de grévistes et appelant à renforcer les piquets de grève [^40^]. Sa présence à la tête de la centrale historique du syndicalisme national illustre la continuité de cette tradition jusque dans les conflits les plus récents.
## Ernest Moutoussamy (né en 1941)
Professeur de lettres et écrivain, député PCG de la Guadeloupe de 1981 à 1991, Ernest Moutoussamy est l'auteur de l'une des propositions de loi d'amnistie des indépendantistes en 1989, saluant ce « geste » qui réconciliait ses compatriotes « avec la légalité et l'action démocratique » [^58^][^85^].
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[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^17^]: https://combat-ouvrier.com/2026/03/19/co-n1367-14-mars-2026-guadeloupe-il-y-a-17-ans-laccord-du-4-mars-et-laccord-bino/
[^21^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/50eme-anniversaire-de-l-ugtg-l-histoire-de-la-creation-de-cette-centrale-syndicale-racontee-par-rosan-mounien-1447868.html
[^23^]: https://www.humanite.fr/social-et-economie/-/elie-domota-depuis-quatre-cents-anson-na-pas-le-droit-de-parler
[^26^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/lkp-mort-jacques-bino-devenu-symbole-du-mouvement-lkp-681109.html
[^27^]: https://rci.fm/deuxiles/infos/Social/UGTG-Elie-Domota-se-succede-lui-meme
[^28^]: https://www.20minutes.fr/societe/1045360-20121119-guadeloupe-meurtrier-presume-syndicaliste-jacques-bino-juge
[^30^]: https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
[^33^]: https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89lie_Domota
[^40^]: https://www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/greve-contre-l-obligation-vaccinale-en-guadeloupe-deux-pompiers-blesses-lors-d-incidents-a79ca11a-46b2-11ec-ac28-0bb94b895f88
[^44^]: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/gp-independantistes.htm
[^48^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Akiyo
[^50^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/11/19/une-radio-independantiste-en-guadeloupe_2726572_1819218.html
[^54^]: https://www.union-communiste.org/en/1991-11/guadeloupe-apres-la-scission-au-sein-du-parti-communiste-guadeloupeen-2861
[^55^]: https://maitron.fr/girard-rosan/
[^56^]: https://outremermemory.com/marcel-manville/
[^58^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_guadeloup%C3%A9en
[^59^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Manville
[^63^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_travail_de_Guadeloupe
[^64^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/fevrier-mars-avril-1968-proces-qui-ont-marque-guadeloupe-564093.html
[^65^]: https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/politique/serge-glaude-conte-lhistoire-du-gong-234938.php
[^66^]: https://cgt-martinique.fr/xvi-eme-congres-de-la-cgtg-jean-marie-nomertin-reelu-a-la-tete-de-la-confederation/
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^70^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/2013/11/25/cgtg-jean-marie-nomertin-reelu-88179.html
[^71^]: https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article44927
[^82^]: https://www.notrenation.com/L-independantiste-Luc-Reinette-a
[^85^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1989/06/07/amnistie-pour-les-independantistes-de-la-guadeloupe-et-de-la-martinique_4140661_1819218.html
[^87^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/reparations-enfin-la-jonction-des-peuples-d-afrique-d-amerique-et-des-caraibes-pour-un-meme-combat-se-rejouit-le-comite-international-des-peuples-noirs-cipn-1598115.html
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titre: "Rapport de vérification"
chapeau: "Corrections, suppressions et confirmations : comment les sources ont été confrontées aux versions antérieures de ce dossier."
ordre: "7"
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## 1. Erreurs factuelles corrigées
| Élément du document initial | Correction vérifiée | Sources |
|---|---|---|
| **ARC fondée en 1972**, « lutte armée » dès cette date | L'ARC est fondée en **1983** (premières revendications le 28 mai 1983) ; elle succède au **GLA** (1980-1981). Aucune organisation armée indépendantiste n'existait en 1972. | [^5^][^44^][^47^] |
| **Attentats ARC 1979-1980** | La vague d'attentats court de **1980 à 1987** : GLA (1980-81) puis ARC (1983-89), soit une centaine d'attentats et une dizaine de morts. | [^2^][^7^] |
| **« Démantèlement de l'ARC (1984) »** | Formulation acceptable mais à préciser : arrestation de Reinette le **27 novembre 1984**, procès en février 1985 ; la fin réelle de l'ARC date de **l'amnistie du 12 juillet 1989**. | [^11^][^2^] |
| **Évasion de Reinette en 1986** | L'évasion de la prison de Basse-Terre a lieu le **16 juin 1985**. | [^6^][^11^] |
| **« Retour de Reinette (1999) »** | Non vérifié : Reinette est amnistié et libéré en **juillet 1989**, pas en 1999. Événement à supprimer ou à documenter autrement. | [^11^] |
| **UPLG dirigée par Luc Reinette** | Reinette n'a jamais dirigé l'UPLG : il a fondé le **MPGI** (1981) et dirigé le GLA puis l'ARC. L'UPLG a été fondée notamment par **Lucien Perrutin et Jean Barfleur** ; Roland Thésauros conduit ses listes électorales en 1992-1993. | [^11^][^15^][^44^][^10^] |
| **MPGI « années 1970 », incertitude** | Le MPGI est fondé en **1981** par Luc Reinette. | [^44^][^36^] |
| **UTA fondée en 1973** | L'UTA est fondée en **décembre 1970**. | [^8^][^68^] |
| **MDES (1982), « trotskyste + indépendantiste », dirigé par Jean-Marie Nomertin** | **Le MDES n'existe pas** (voir §2). Jean-Marie Nomertin est membre de **Combat Ouvrier** et secrétaire général de la **CGTG** depuis janvier 2002. | [^63^][^66^] |
| **Jean-Marie Nomertin associé à l'UGTG** | Confusion avec **Ternisien Nomertin**, dirigeant historique de l'UGTG (à partir de 1982). Ce sont deux personnes distinctes, dans deux syndicats rivaux. | [^21^][^63^] |
| **Akiyo fondé en 1978** | Correct en substance : le mouvement naît en **1978-1979**, l'association « Mouvman kiltirèl » en **1984**. | [^46^][^48^] |
| **PCG présenté comme simple « contexte » (1958)** | Correct, mais enrichi : le PCG adopte le mot d'ordre d'indépendance en **1989** et subit la scission **PPDG en 1991**. | [^54^] |
| **Hégésippe Ibéné présenté comme dirigeant indépendantiste** | Hégésippe Ibéné (1907-1989) était **député PCG (1973-1978)** et cofondateur du mouvement communiste guadeloupéen : figure **autonomiste**, pas indépendantiste. | [^58^] |
| **Abert Béville, personnage post-1968** | **Albert** Béville (alias Paul Niger) est mort en **1962** : c'est un **précurseur** (Front antillo-guyanais, 1961), à replacer dans le contexte, pas dans les personnes de l'après-1968. | [^68^] |
| **Serge Glaude, Louis Théodore, « personnes clés » de l'après-1968** | Ce sont des **membres du GONG**, accusés au procès de 1968 : ils relèvent du dossier GONG. Ils sont conservés ici comme « figures-ponts » et témoins (Glaude est l'auteur de *Le Gong c quoi ?*, 2018). | [^67^][^65^] |
| **Grève de novembre 2021 rattachée au LKP** | La grève est lancée le **15 novembre 2021** par l'UGTG et un collectif ; les analystes notent que **le LKP n'y a pas joué de rôle central**. | [^40^][^37^] |
## 2. Éléments supprimés (invérifiables ou fabriqués)
| Élément | Verdict |
|---|---|
| **MDES** (Mouvement des démocrates et écologistes…), 1982, Guadeloupe | **Aucune trace dans aucune source.** Probable confusion avec le **MODEMAS** martiniquais (fondé en 1992 par Garcin Malsa). Supprimé. [^75^] |
| **GTG** (syndicat, « années 1970 ») | Aucune organisation de ce nom trouvée. Probable duplication erronée de l'**UGTG** ou de la **CGTG**. Supprimé. |
| **Mouvman Nonm** | Aucune trace trouvée dans les sources consultées. À ne pas publier sans source primaire. |
| **Kann'la** | Aucune trace trouvée. À ne pas publier sans source primaire. |
| **École Kreyòl** (comme organisation identifiée) | Non vérifié comme organisation spécifique. La question de la langue créole à l'école est réelle (expériences bilingues, « Kréyòl an mouvman » institutionnalisé), mais sans « École Kreyòl » documentée comme entité militante. Reformulé. [^51^][^57^] |
| **Radio Gongo** | Aucune trace. La radio indépendantiste documentée est **Radio-Unité** (1981). Supprimé. [^50^][^45^] |
| **« Révolution Caraïbe » comme média post-1968** | C'est une publication de **l'époque du GONG** (peu documentée par ailleurs). Replacée dans l'héritage. [^80^][^16^] |
## 3. Éléments confirmés
- Dissolution *de facto* du GONG en 1968, répression, clandestinité et exil [^16^].
- UPLG fondée en **1978**, héritière du GONG [^15^][^9^].
- UGTG fondée en **1973** (date précise : 2 décembre, Baie-Mahault) [^20^][^21^].
- LKP : collectif d'environ 48-50 organisations (l'estimation « ~49 » du document initial est cohérente), grève de **44 jours**, Élie Domota porte-parole [^17^][^25^].
- Mort de **Jacques Bino** dans la nuit du 17 au 18 février 2009 ; accord portant son nom ; meurtre non élucidé [^26^].
- Contexte international (Tricontinentale, Cuba, Black Power) [^12^].
- Journal *Lendépandans* comme organe de l'UPLG [^4^].
- Grève de **novembre 2021** [^40^][^39^].
## 4. Ajouts et enrichissements
1. **Le GLA** (1980-1981), absent du document initial, avec sa liste d'attentats documentée et l'ultimatum d'août 1980 [^47^].
2. **Radio-Unité** (8 novembre 1981), radio libre indépendantiste [^50^].
3. Le **MUFLNG** (13 décembre 1981) et la saisine de l'ONU par l'UPLG (1981) [^15^][^44^].
4. Le drame du **24 juillet 1984** (quatre morts de l'UPLG) [^15^].
5. Les résultats électoraux de l'UPLG (1992-1993) et sa dissolution (Mouvement Guadeloupéen, KLNG, 1993) [^10^][^9^].
6. La **loi d'amnistie du 10 juillet 1989**, avec son détail parlementaire [^85^][^81^].
7. Le **Mouvman Gwadloupéyen** (1997) et Ary Broussillon [^43^].
8. Le **CIPN** (1992) et la trajectoire des réparations jusqu'en 2025 [^77^][^87^].
9. La scission **PPDG** (1991) et le rôle d'Henri Bangou [^54^].
10. La chronologie détaillée des dirigeants de l'UGTG (Mornal, T. Nomertin, Mounien, Domota, Hubert M'Toumo) [^21^][^40^].
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[^2^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/les-nuits-bleues-de-1983-un-episode-de-l-histoire-de-guadeloupe-entre-explosions-et-comba-pour-l-independance-1642942.html
[^4^]: https://shs.cairn.info/revue-parlements-2025-1-page-200?lang=fr
[^5^]: https://castinstone.exeter.ac.uk/database/s/fr/item/3750
[^6^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/nuits-bleues-il-y-a-39-ans-luc-reinette-s-evadait-de-la-prison-de-basse-terre-1497737.html
[^7^]: https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/39760667
[^8^]: https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
[^9^]: https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
[^10^]: https://www.france-politique.fr/wiki/Union_Populaire_pour_la_Lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe_(UPLG)
[^11^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
[^12^]: https://www.liberation.fr/debats/2018/04/02/en-guadeloupe-mai-68-est-tombe-en-67-et-il-a-ete-occulte_1640535/
[^15^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
[^16^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
[^17^]: https://combat-ouvrier.com/2026/03/19/co-n1367-14-mars-2026-guadeloupe-il-y-a-17-ans-laccord-du-4-mars-et-laccord-bino/
[^20^]: https://www.madinin-art.net/le-cinquantenaire-de-lugtg/
[^21^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/50eme-anniversaire-de-l-ugtg-l-histoire-de-la-creation-de-cette-centrale-syndicale-racontee-par-rosan-mounien-1447868.html
[^25^]: http://lacgtg.com/notre-histoire/la-greve-generale-de-2009/
[^26^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/lkp-mort-jacques-bino-devenu-symbole-du-mouvement-lkp-681109.html
[^36^]: https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/les-nuits-bleues-de-l-independance-un-documentaire-qui-retrace-l-histoire-de-la-lutte-armee-aux-antilles-francaises-1318156.html
[^37^]: https://rattrapages-actu.fr/fiches-actu/crise-sanitaire-et-contestations-en-guadeloupe
[^39^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises
[^40^]: https://www.ouest-france.fr/region-guadeloupe/greve-contre-l-obligation-vaccinale-en-guadeloupe-deux-pompiers-blesses-lors-d-incidents-a79ca11a-46b2-11ec-ac28-0bb94b895f88
[^43^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvman_Gwadloup%C3%A9yen
[^44^]: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/gp-independantistes.htm
[^45^]: https://www.schoop.fr/ficheradio.php?id_radio=5187
[^46^]: https://www.rfi.fr/fr/musique/20230221-carnaval-des-antilles-akiyo-haut-parleur-du-peuple-guadeloup%C3%A9en
[^47^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_de_lib%C3%A9ration_arm%C3%A9e
[^48^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Akiyo
[^50^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/11/19/une-radio-independantiste-en-guadeloupe_2726572_1819218.html
[^51^]: https://api.pageplace.de/preview/DT0400.9782296324732_A49331744/preview-9782296324732_A49331744.pdf
[^54^]: https://www.union-communiste.org/en/1991-11/guadeloupe-apres-la-scission-au-sein-du-parti-communiste-guadeloupeen-2861
[^57^]: https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/culture/kreyol-an-mouvman-2025-an-nou-fe-yonn-pour-celebrer-la-culture-guadeloupeenne-1052668.php
[^58^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_guadeloup%C3%A9en
[^63^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_travail_de_Guadeloupe
[^65^]: https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/politique/serge-glaude-conte-lhistoire-du-gong-234938.php
[^66^]: https://cgt-martinique.fr/xvi-eme-congres-de-la-cgtg-jean-marie-nomertin-reelu-a-la-tete-de-la-confederation/
[^67^]: https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
[^68^]: https://www.ldh-france.org/Guadeloupe-Mai-1967-un-drame/
[^75^]: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_d%C3%A9mocrates_et_%C3%A9cologistes_pour_une_Martinique_souveraine
[^77^]: https://www.cipngp.com/
[^80^]: https://gong.gp/publications/
[^81^]: https://www.senat.fr/rap/1989-1990/i1989_1990_0112.pdf
[^85^]: https://www.lemonde.fr/archives/article/1989/06/07/amnistie-pour-les-independantistes-de-la-guadeloupe-et-de-la-martinique_4140661_1819218.html
[^87^]: https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/reparations-enfin-la-jonction-des-peuples-d-afrique-d-amerique-et-des-caraibes-pour-un-meme-combat-se-rejouit-le-comite-international-des-peuples-noirs-cipn-1598115.html