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+ Ces dernières années écoulées ont vu l'effondrement quasi général du système colonial dans le monde.
+ Avec l'accession de l'Algérie à l'indépendance, après la libération des pays de l'Afrique Noire,
+ l'empire colonial français s'est presque évanoui.
+
+ Tout près de la Guadeloupe, le renversement de la dictature sanglante de Batista par le glorieux peuple cubain,
+ la transformation de Cuba en un état libre et socialiste, l'accession des Antilles sous domination britannique
+ à l'autonomie et à l'indépendance a ouvert la voie au mouvement de décolonisation au sein même de la Caraïbe.
+
+ Les ex-colonies, fortes de leur dignité et de leur souveraineté retrouvées, sont entrées avec enthousiasme
+ dans la voie de leur développement économique et social, bénéficiant de l’aide des autres états plus développés ou des organismes internationaux.
+ Ces nouveaux États jouent sur le plan international un rôle dont l'importance n'échappe à personne.
+
+ Cependant, la Guadeloupe, ainsi que les quatre autres «départements d'Outre-mer», continue à subir le joug colonial français.
+
+ Les adaptations successives apportées à la politique dite d’assimilation ne peuvent plus masquer cette évidence.
+ C'est pourquoi, le colonialisme français, dans un dernier sursaut de nostalgie, essaie de tout mettre en œuvre pour conserver ce dernier carré de la colonisation.
+
+ Malgré tout, il s'est développé durant ces dernières années, un véritable courant pour l'autonomie dans tous les milieux guadeloupéens.
+ Mais ce courant n'a pu jusqu'à présent constituer une force organisée capable de briser le joug colonialiste.
+
+ Les faiblesses du mouvement autonomiste sur le plan pratique résultent du fait que l'élite politique n’a pas été capable de s'unir
+ pour offrir des perspectives claires et nettes au peuple, que les partis politiques existants n'ont pas su toujours se dégager de la gangue électoraliste
+ et des habitudes importées par la domination française et envisager hardiment l'avenir et enfin parce que le travail systématique et nécessaire d'éducation
+ et d'organisation des masses n’a pas été convenablement fait. Tout cela s'explique par le fait que la question de la libération politique de la Guadeloupe
+ ne s'est jamais posée comme une lutte évolutive de libération nationale.
+
+ L'analyse objective de toutes ces considérations eut au cours des deux années écoulées pour conséquence d'insuffler aux différents courants autonomistes
+ qui sporadiquement se manifestaient dans la capitale française un enthousiasme nouveau, générateur d'objectifs bien définis et de moyens de lutte inédits.
+ Ce fut donc dans l'euphorie générale que naquit ce qu'il était convenu d'appeler le Front Antillo-Guyanais. Cependant l’objectivité nous commande d'affirmer que,
+ l'impossibilité pour cette organisation de se relever d'une part, à la suite de la mesure de dissolution qui la frappait et de se développer d'autre part,
+ découle de l'esprit de clocher voisin de l'autoritarisme qui présidait aux décisions essentielles, d'un manque de structuration organique, et enfin de divergences
+ idéologiques sur la conception même du devenir respectif des pays intéressés.
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+ Si les tâtonnements et les indécisions étaient inévitables en fonction même des conditions dans lesquelles le problème de l'autonomie se trouvait et se trouve encore
+ posé leur perpétuation pourrait, à très brève échéance, plonger la Guadeloupe dans les plus terribles calamités.
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+ Déjà la détérioration cumulative de la situation en Guadeloupe pose de façon non équivoque l'urgence de la mise en place des solutions adéquates.
+ Elle pose en même temps et dramatiquement la nécessité d’une mobilisation générale de tous les Guadeloupéens pour la prise en main du destin de leur pays.
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+ C'est pour toutes ces raisons, et profondément pénétrés du rôle qu'il leur appartient de jouer dans l’évolution de la Guadeloupe,
+ qu'un certain nombre de Guadeloupéens, pour la plupart :
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