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La résistance à l'oppression est un droit naturel
L. DELGRES
La résistance à l'oppression est un droit naturel
L. DELGRES
ORIENTATION
ET
STRATEGIE
DE LA LUTTE
REVOLUTIONNAIRE
DU PEUPLE
GUADELOUPEEN
+ Au cours de la journée d'étude du 1er mai, en présence de représentants de l'AGEC, de l'A.A.C., + le bureau provisoire a débattu des voies et moyens et du programme d'activités de l’année 1963. + Considérant l'extrême importance de connaître concrètement pourquoi nous voulons notre libération, + comment nous entendons mener notre lutte, nous avons décidé de poser quelques conclusions fondamentales qui doivent constituer + l'option politique et stratégique du militant du G.O.N.G. Nous ne pouvons aller de l'avant si nous ne tombons pas tous d'accord + sur l'attitude politique à observer, la méthode d'action de lutte à appliquer. +
++ L'adoption de ce rapport engagera clairement tous les militants et sera leur constante référence jusqu'à + l'intervention de données exceptionnelles capables de modifier le processus de notre lutte. +
++ Un examen très approfondi à porté sur les questions suivantes: +
++
+ Voici les conclusions qui ont été dégagées. +
++ Des points 1 et 2 : DE LA LUTTE DE MASSE EN TANT QUE MOYEN DE LUTTE DE LIBERATION NATIONALE. +
++ La lutte de masse est l'entrée en action des plus larges couches de la population dans + une mobilisation générale pour le triomphe d'une revendication bien définie. + Elle est basée en pays sous-développé sur la recherche du mieux être et l'aspiration à la dignité. +
++ La lutte de masse peut ère le résultat de l’organisation d'une alliance temporaire comportant des avantages + immédiats pour les deux partis : la classe ouvrière et paysanne dans une société avancée d'un côté et la bourgeoisie de l’autre. + En ce qui concerne la Guadeloupe, la lutte de masse doit être le résultat de l’organisation des différentes catégories sociales + mobilisées sur un thème unitaire : la revendication nationale, un statut d'État souverain associé avec un programme révolutionnaire + qui doit tenir compte essentiellement des intérêts de l'ensemble de la population et en premier lieu des paysans et ouvriers constituant la force motrice de la révolution. + Car l'analyse dialectique permet d'affirmer que la contradiction principale est celle qui existe entre les catégories sociales du peuple dans son entier et le colonialisme + et l'impérialisme français. La résolution de cette contradiction constitue le caractère national de notre lutte de libération. Des contradictions internes entre les intérêts + de diverses catégories sociales existent, elles doivent tendre vers une solution acceptable pour tous, vers une responsabilité de plus en plus élargie aux couches + les plus nombreuses de la population guadeloupéenne. La résolution de ces contradictions internes menées sous le nom de la lutte de classe constitue le caractère démocratique + de notre lutte. Dans une stratégie générale, la lutte pour la Démocratie doit nécessairement être menée en même temps que la lutte de libération. Elle ne doit pas bloquer le travail + d'organisation nationale; bien comprise, elle ne saurait être invoquée pour rejeter les cadres nationaux capables d'apporter qualitativement et quantitativement un sérieux appoint à + notre lutte. +
++ Chaque responsable, chaque militant doit tenir compte de cette attitude politique dans lé travail d’unification et d'organisation politiques. + Nous faisons nôtre cette appréciation de Staline : «La force du mouvement national est fonction du degré de participation des vastes couches de la nation, + du prolétariat et de la paysannerie»: et c’est l’occasion de rappeler avec Mao le rôle des jeunes intellectuels et étudiants militant au G.O.N.G. + Ils doivent aller aux masses paysannes et ouvrières pour les mobiliser et les organiser selon ces principes. Ils seront jugés, évalués non sur leurs connaissances + livresques et techniques mais sur leur capacité à s'intégrer au peuple, à mener une action concrète, à réaliser une tâche définie dans le sens de cette orientation de lutte. + Éduquer, mobiliser, organiser, voilà la ligne à suivre. +
+
+ POSITION SUR UN DES MOYENS DE LUTTE DE MASSE :
+ LE SUFFRAGE UNIVERSEL.
+
+ Le suffrage universel doit être considéré comme une arme du peuple; il l'utilise pour la défense de sa revendication nationale, pour exprimer à la face du monde, + par le choix d'un ou plusieurs représentants authentiques, sa .volonté de faire aboutir le programme défendu. Tout représentant élu démocratiquement doit obligatoirement + avoir pour tâche de combattre le système de dépendance et de faire de l'agitation pour le changement de statut politique. Dans les conditions démocratiques de vote, + le peuple doit participer aux élections, exprimer sa volonté, du moment que ces élections vont dans le sens de ses intérêt, et qu'il a la garantie du respect de ses suffrages. + Cependant il est à noter que dans le rapport actuel des forces, le colonialisme se sert le plus souvent du geste électoral du Guadeloupéen pour cautionner, grâce à la fraude + et à la force policière, les fantoches qui servent son intérêt. Le peuple doit refuser d'aller aux urnes chaque fois qu'il s'agit d'une mascarade organisée par le colonialisme, + sous le joug de ses forces armées. Bien plus, il doit supprimer le moyen d’oppression par un boycott systématique et organisé de telle sorte que cette action devienne + un événement politique positif pour sa lutte de libération nationale. Dans le cas d'une élection globale devant décider de l'avenir politique du peuple guadeloupéen + la position du G.O.N.G. est que la participation aux urnes ne sera valable que si toutes les garanties sont réunies par un contrôle neutre et international. +
++ Nous voyons que l’ensemble de la lutte révolutionnaire ne saurait tendre ni uniquement, ni principalement à faire élire des représentants + chargés de faire de l'agitation et de poser dans les formes constitutionnelles du Maître de la Revendication Nationale. + Nous constatons que les actuels «mal élus» ne pourront à aucun moment prétendre négocier au nom du peuple guadeloupéen. + Nous constatons que tant que l'arme du suffrage universel ne sera pas contrôlée par le peuple, l'électoralisme doit être liquidé + en tant que moyen de lutte révolutionnaire de libération nationale. +
+
+ Des points 3 et 4 :
+ LUTTE REVOLUTIONNAIRE ARMEE VIOLENCE LIBERATRICE
+
+ Tout le monde admet que le passage de la lutte politique à la lutte armée constitue un tournant extrêmement grave et important pour le salut national. + Lénine nous enseigne l'insurrection doit s’appuyer sur l'essor révolutionnaire des masses et non sur un complot. + L'histoire nous enseigne que le colonialisme ne recule que devant des actions de force à l'échelle du peuple opprimé. +
++ La force doit s'entendre aussi bien dans le sens matériel que moral. Elle se traduit par les rapports existant entre les avantages et les faiblesses des parties opposées. +
++ Tenant compte des luttes des peuples qui se sont libérés du joug du colonialisme, des conditions spécifiques de la lutte en Guadeloupe, + le G.O.N.G. admet la violence libératrice spécifique comme moyen intégré de notre lutte de libération nationale. + Mais nous précisons l’action terroriste au stade actuel ne ferait que défavoriser notre cause. Nous devons à tout prix éviter l’extermination de nos forces naissantes. + Les interventions armées ne peuvent, en aucun cas, être déclenché avant que le peuple, soutien logistique de la Révolution, ne les ait admises et rendues possibles. + L'analyse brève et comparative des forces nous montre : l'adversaire est avantagé sur les points suivants : +
++
+ Ainsi apparaît une notion fondamentale à retenir, notre stratégie de lutte de libération doit être envisagée sous l'angle + d'une résistance de longue durée. Toute conception née de l'’impatience visant à enlever une victoire rapide serait une grave erreur et devrait être combattue. +
++ C'est à une VICTOIRE POLITIQUE que doivent tendre toutes nos forces. +
++ Pourquoi victoire politique ? Toute lutte aboutit nécessairement à une négociation, elle que nous visons doit entraîner + des conséquences telles que le colonialisme se trouvera objectivement dans l'incapacité de poursuivre son œuvre d'exploitation + et de domination, des conséquences telles que notre destin soit assuré par notre responsabilité. D'où cette notion fondamentale de penser + la stratégie d'organisation du peuple comme une lutte de construction nationale. En résumé, abattre l'impérialisme, préparer les structures organisationnelles + d'une Guadeloupe libre, souveraine, moderne, heureuse. Nous voyons que les conditions de succès de notre lutte révolutionnaire anti-colonialiste, anti-impérialiste, + de libération et de construction nationales sont précisément l'existence d'un mouvement puissant et agissant. «La révolution est impossible sans lutte nationale généralisée». +
++ Point 5 : DES EXEMPLE DE LUTTE DE LIBÉRATION NATIONALE. +
++ Nous savons que chaque révolution, chaque lutte de libération nationale est dans chacun des cas, + un phénomène unique, propre telle époque historique, à tel pays c'est-a-dire aux conditions politique, économique et physique du peuple qui mène la lutte, + cependant, nous affirmons que toutes les révolutions confirment la loi fondamentale suivante : «Il ne suffit pas, pour que là révolution ait lieu, + que les masses exploitées et opprimées soient conscience de l'impossibilité de vivre comme autrefois et réclament le changement. + Il faut, pour que la révolution ait lieu, que les exploiteurs, les colonialistes et leurs suppôts ne puissent pas vivre et gouverner comme autrefois». +
++ Nous décidons, non pas de mener la lutte révolutionnaire de la manière du VIETNAM, de CUBA ou de l'ALGERIE, + mais de bénéficier de leur expérience de la lutte de libération, de leur aide, de leurs apports positifs a la lutte mondiale de décolonisation. +
+
+ Points 6 et 7 : POSSIBILITÉ CONCRÈTE DE LA LUTTE.
+ VOIR REVOLUTIONNAIRE EN GUADELOUPE
+
+ Sur le plan politique : +
++ L'analyse des forces politiques et sociales montre que les forces autonomistes A.G.E.G, P.G.G., M.D.A., + syndicats, personnalités progressistes, n'ont pu jusqu’à présent réaliser L’'UNITÉ POLITIQUE sur la base d’une lutte de libération nationale, + et sur Un programme minimum à contenu social et économique entraînant l'adhésion du peuple. +
++ Mais des possibilités concrètes d’UNITE se dégagent. L’A.G.E.G., force nationale offre des possibilités concrètes + d'organiser la jeunesse guadeloupéenne sur une base nationale. Elle a adopté le mot d'ordre «UNITE ET ORGANISATION» du peuple. + Les débats sur le thème de l'unité, ont malgré les divergences idéologiques, imposé à tous la lutte de libération nationale, au P.C.G., comme chez le M.D.A. +
++ Les ouvriers guadeloupéens de Paris se regroupent au sein de l’A.G.T.A.G., afin de participer au combat de libération. +
++ En Guadeloupe, et à Paris, l'existence de groupes de jeunes révolutionnaires prouve s'il en était besoin que là crise générale progresse. +
++ Sur le plan de la résistance physique : +
++ La résistance physique, l'emploi de certaines formes d'actions armées, de la violence spécifique, sont dans nos possibilités. + Car pendant la guerre colonialiste menée au VIETNAM par la France, pendant son combat d'extermination menée contre le peuple Algérien, + plusieurs générations de jeunes guadeloupéens ont servi contre leurs frères coloniaux. Ils ont compris par l’action, + par la vue directe que leur position auprès de l’oppresseur était incompatible avec leur origine, leurs aspirations. + Ils sont dans la grande majorité d'accord pour risquer leur vie en pleine conscience, pour leur dignité, leur liberté, + contre ces mêmes forces qui les avaient embrigadés d'office. +
++ Mais il existe, aussi bien dans les partis de gauche, dans le camp des étudiants et bien entendu dans les rangs des valets + et des personnalités des hommes qui prônent un verbalisme révolutionnaire tendant à maintenir nos forces dans un pacifisme garanti. + Il nous faut combattre ces pacifistes si nous voulons faire avancer l’idée d’une lutte réelle, il nous faut écarter les obstacles nombreux + qu'ils accumulent pour repousser indéfiniment la réalisation des conditions objectives de la lutte de libération nationale. +
++ Notre position est que notre peuple ne se refusera -pas à manier les armes, en avoir pour défendre son droit à la liberté + après que son sang ait été prélevé pour des raisons contraires à son intérêt. Dans le cas contraire nous mériterions notre esclavage. +
++ La conclusion qui s'impose est que la voie guadeloupéenne est celle d’une lutte politique de masse généralisée portant sur tous les plans + et dans tous les domaines, utilisant tous les moyens, y compris les actions armées, la violence spécifique, dans la mesure des possibilités concrètes de la GUADELOUPE. +
++ Voici, condensées, les lignes générales de notre orientation et stratégie. Ces lignes sont pour l'instant propulsées et appliquées par le G.O.N.G. + Nous espérons qu'elles seront dans leur plus grande part adoptées par le mouvement national GUADELOUPEEN. +
++ En ce qui concerne la lutte de masse : +
++ La phase préliminaire dans cette étape pré-révolutionnaire actuelle, comporte une préparation systématique, impérieuse, + intransigeante et accélérée des cadres révolutionnaires. L'accélération de l’histoire nous impose des mesures d'urgence et + une réduction du temps de maturation. Les militants doivent rapidement apprendre les méthodes d’agitation, d'organisation, de mobilisation et de direction. +
++ Il s’agit de développer et de renforcer l’action pour : +
++
+ L'union des paysans de petits planteurs, est certainement la tâche qui entraînera la phase du regroupement des forces guadeloupéennes + sous une direction unifiée et à forte cohésion interne en un vaste Front Uni ou mouvement national de la Guadeloupe. +
+Sur la question de la violence :
++ Le moment de son entrée en scène sera déterminé après une évaluation dialectique de nos forces, + selon les conditions et les besoins de la lutte. Les militants doivent faire de la propagande pour l'action armée ou de là violence afin de la préparer, + de la rendre possible, puisque nous devons y recourir. +
++ De toute évidence il faut que les premières conditions soient remplies, ou pres- qu’en totalité pour qu'interviennent : +
++
+ Les actions armées contre les institutions et corps constitués représentant concrètement la tutelle (préfecture, gendarmerie, casernes de C.R.S....) +
++ La liquidation des traîtres, des valets, et des représentants de la tutelle et l'INSURRECTION. +
++ Les actions contre les institutions administratives et économiques, doivent être politiques et de violence (ex. Précédents). +
++ A l'extérieur : +
++ Poser de manière systématique et claire le problème GUADELOUPEEN et notre revendication nationale devant la conscience française. +
++ Entraîner l’aide effective des organisations anti-colonialistes en France par des activités concrètes de soutien en plein jour. +
++ Utiliser la solidarité agissante des nations sœurs pour l'obtention d’une aide matérielle financière et technique à la révolution GUADELOUPEENNE. + Démasquer le gouvernement français devant l'opinion publique internationale quand il prétend avoir terminé la décolonisation. +
++ Dénoncer les hommes de l'ancien Front Antillo-Guyannais qui volent la représentativité de notre peuple auprès des pays du tiers monde, + les arrivistes guadeloupéens liés à ces usurpateurs. +
++ Préparer les techniciens à formation polymorphe pour la lutte armée, les commandos destinés à accomplir les tâches spéciales de la révolution. +
++ La mise en route et la réussite d'une telle stratégie supposent : +
++